ÉLOGE DE L'ARCHEVÈQUE PAR FAYDIT
Mandement aux Profanateurs des Eglises, Je n'ay garde d'y rien ajouter du mien, de peur d’affoiblir par la bassesse de mes expressions les mouvemens vifs & les impressions puissantes que cette lecture doit avoir produit dans vos esprits.
Ces phrases amphigouriques ne sont que l’exorde d’un sermon que le Mercure est censé donner d’après quelque copie dérobée, et qui se continue par des éloges outrés et de l’archevêque et du roi. Faydit poursuivait :
C'est à ces deux grands maux, à ces deux funestes & dangereuses playes que Dieu, ayant regardé ces temps de malice d’un œil de misericorde, veut remedier souverainement & efficacement (à P'Heresie & à la Profanation des Eglises). Pour cet effet il nous a donné un Roy incomparable, etc., etc.
D'un autre costé il a mis sur le Chandelier de l'Eglise de Paris, c’est à dire sur le plus illustre theatre de l'Univers le plus savant & le plus aimable Prelat qui fut jamais.
Le morceau se termine par une citation de saint Augustin dont l'application maladroite fait songer au mot de Charles Quint méditant devant le cercueil de Charlemagne:
Ces deux moitiés de Dieu, le pape et l'empereur Regem et sacerdotem quibus omnis terra caput inclinat.
J'ignore ce que pouvait attendre ou désirer du roi et de l'archevêque le pauvre abbé Faydit, quand 1l prononçait ce prône, et surtout le faisait insérer dans le Mercure, mais il me semble que c’est là un document pour l’histoire de la prédication et la connaissance plus complète du siècle. Il reste trop convenu ou pour le moins sous-entendu qu'après que Bossuet avait passé, la chaire était pour
jamais affranchie, et que les successeurs du grand orateur
n’ont eu qu’à recueillir le bénéfice de son passage. Nous devons cependant nous dire que, malgré les réclamations de La Bruyère contre le Mercure galant, les lettres de Donneau de Visé étaient un organe que ne dédaignaient pas de prendre pour appui dans le désir d'avancer leur fortune, les Fléchier, les Mascaron et plus d’un de leurs imitateurs. Or, pour qu’un prône dans le goût de celui de