‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 157 sur 475 · LE P. GAILLARD · texte numérisé non relu

LE P. GAILLARD

P. Gaillard aux Tuileries !.» Plus attentif à consulter luimême les sources qu’il exploite et à regarder au contexte, il eût compris les vrais sentiments de M* de Sévigné. Pourquoi substituer des interprétations fantaisistes aux textes qu'il suffisait de lire et de grouper !?

La marquise nous fait la confidence des prédications qu’elle suit, durant ce carême, moins assidument que M"° de Coulanges. Au 4 mars, vendredi de la première semaine, elle écril :

Vous êtes bien fatiguée des sermons ; vous avez grande raison, ma chère enfant, c’est un martyre: c’est là où votre grandeur est bien incommode ; faut-il tous les jours représenter ? cela est cruel j'en ferai vos plaintes au P. Gaillard. Je vais quelquefois à Saint- Gervais avec Mme de Coulanges, qui n'en perd pas un: c’est le P. Soanen, qui fait fort bien. Le P. Gaillard brille dans Saint-Germain l’Auxerrois ?.

1. Pauthe, p.174. «En 1688, Bourdaloue prêchait le carème à Saint-Eustache et y avait le plus grand succès. La marquise ne tarit pas d'éloges sur ses sermons, mais comme si elle eût alors souffert pour le prédicateur de son choix ‘du voisinage du P. Gaillard aux Tuileries (lisez Fontainebleau), elle ne peut s'empêcher de dire sur celui-ci avec une certaine amertume (?) : le roi et la cour, ete. » (V. plus bas, note 2, la citation non retouchée.) « ... Enfin l'humilité d'un jésuite * a dû être pleinement contente. » Et l'auteur ajoute : « ... Cette réflexion malveiilante preud à notre grande surprise, sous la plume de la marquise, un caractère de généralité qui semble atteindre Bourdaloue lui-même. » — Il n'y avait pas lieu de s'alarmer pour peu que l'on prit la peine de lire les lettres de M": de Sévigné dans leur texte.

2. Dès le jour de la Toussaint, à neuf heures du soir la marquise annonce, sans les détails, l'incident du sermon interrompu par la nouvelle du succès de Monseigneur. (Sév., t. vi, p.247.) Dès le 3, après le récit d'une aventure de chasse, tragiquement terminée, elle ajoute: «Celle du P.Gaillard est plus agréable : il prêchoit le jour de la Toussaint; M de Louvois vint apprendre que Philisbourg étoit pris ; le roi fit signe, le P. Gaillard se tut ; et après avoir dit tout haut la nouvelle, le Roi se jeta à genoux pour remercier Dieu ; et puis le prédicateur reprit son discours avec tant de prospérité, que mêlant sur la fin Philisbourg, Monseigneur, le bonheur du Roi, et les grâces de Dieu sur sa personne et sur tous ses desseins, il fit de tout cela une si bonne sauce que tout le monde pleuroit. Le roi et la cour l'ont loué et admiré ; il a reçu mille compliments; enfin l’humilité d'un homme de son état a dù être pleinement contente » (P. 240.)

2 L VIIT AD so US:

* Le texte «l'humilité d’un jésuite » est de l'édition de 1754. Il est vrai que dans sa

très vague bibliographie, M. l'abbé Pauthe, qui ne s'avance pas beaucoup, indique : Mr: de Sévigné, Lettres, sans se soucier d’une édition quelconque.

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