‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 167 sur 475 · L'ÉLOGE DE LA REINE PAR BOURDALOUE · texte numérisé non relu

L'ÉLOGE DE LA REINE PAR BOURDALOUE

Concédons, tant qu'il plaira, que Bourdaloue, prompt à s’édifier, ce qui est le propre des belles âmes, et soucieux de la chrétienne plus que de la souveraine, n'avait point à Juger les actes du roi Jacques IT, ni de Béatrix de Modène. Lingard, dans son Æistoire d'Angleterre, et Ch. Gérin, dans son étude sur Le Pape Innocent X1* et la Révocation de l’édit de Nantes ont montré un certain nombre de mesures impolitiques et maladroites qui ne permettent pas de récuser complètement un jugement plus mondain, mais plus sévère, de M de Caylus sur les exilés de Saint- Germain en Laye:

La reine d'Angleterre s’étoit fait haïr, disoit-on, par sa hauteur, autant que par la religion qu’elle professoit en Italienne; c’est à dire qu'elle y ajoutoit une infinité de petites pratiques, inutiles partout et beaucoup plus mal placées en Angleterre. Cette princesse avoit pourtant de l’esprit et de bonnes qualités, qui lui attirèrent de la part de madame de Maintenon, une estime et un attachement qui n’ont fini qu'avec leurs vies ?.

Lorsque, en dépit des instructions ponuüficales et de sa prudence personnelle, le nonce fut forcé par le roi « d’étaler aux yeux de tous l’appareil de nonce apostolique *», c'était sous l’influence de la politique française, mais aussi des inspirations de la reine. Cependant ces fautes dans le gouvernement sont parfaitement compatibles avec le jugement si élogieux porté par Bourdaloue sur la rectitude des intentions et la générosité de vie chrétienne de la souveraine détrônée. On voit donc que l’éloge officiel renfermé dans le sermon sur la Pentecôte concorde avec la pensée intime de l’orateur.

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