LES DOMINICALES DU MOIS D'AOUT
Pour le reste de l’année 1689, c’est la Liste des Prédicaleurs qui est, pour ainsi parler, notre unique recours, avec Dangeau pour lavent. Par un oubli étrange, le P. Lauras n’a point relevé dans sa chronologie l'indication des dimanches du mois d'août prêchés par Bourdaloue à l’église de la Maison professe. Elle est mentionnée à deux reprises dans la Liste, d’abord à l’avent de 1688, puis au carême de 1689. Mais il s’agit de part et d’autre de la même année 1689, et non de 1688, la Liste, qui ne paraissait que vers l’avent, n’eût pas notifié les noms des prédicateurs du mois d’août précédent. Rochebilière semble y avoir été trompé. Il s’est demandé si Bourdaloue n’avait pas, dès l’année 1688, prêché ces dominicales ‘. La comparaison des deux listes prouve qu’elles se rapportent au même mois d'août 1689 :
Avent de 1688. En l'Eglise des lesuites, Le R. Pere d'Avril preschera l'Avent : le Pére de Gonnelieu depuis l’Avent jJusques au Caresme : le Pere d’Orleans le Caresme : le Pere de la Ruë depuis Pasque jusqu'à la Pentecôte : le Pere Gaillard depuis la Pentecoste
jusqu’au mois d'Aoust : le Pere Bourdaloue le mois d’Aoust : le Pere de Villiers depuis le mois de septembre jusqu’à la Toussaint (pp. 6
et 7).
Evidemment d’après la date de publication 1l s’agit de l’année à venir et du temps qui suivra le présent avent. Aussi, dans la Liste du carême de 1689, retrouvet-on, à parur du P. d'Orléans, la même série reprise, sauf un changement pour le P. de Villiers. Comme cette nouvelle notification est plus explicite, il importe de la donner aussi :
1. 1689 (août jusqu'au 15 septembre.) Bourdaloue prèche aux Jésuites le mois d'août jusqu'à la Notre-Dame de septembre peut-être exclusivement. (Nativité de N.-D., 8 sept. 1689). Liste des Prédicateurs.
Je ne vois pas dans les Œuvres de Bourdaloue de sermon sur la Nativité de la Vierge : l'Assomption est le 15 août et Bourdaloue a, je crois, deux sermons sur l'Assomption (table in-12 de 1778) et même une Instruclion pour l'octave de l’'Assomptlion dans les Exhortations. (R.)
Là LES PRÉDICATEURS DE LA MAISON PROFESSE 719
Liste... Carème 1689 : En l'Eglise des Jesuites. Le R. P. Dorléans (sic) prèchera les Dimanches et Festes principales, leR. P. Grangeron fera les Méditations sur la Passion les Mercredis et Vendredis : Le R, P. Bobynet fera le Catechisme tous les leudis et petites Festes de l’année : Le R. P. De la Rüe preschera depuis Pasque close jusqu'à la Pentecoste : le R. P. Gaillard, depuis la Pentecoste Jusqu'au mois d’Aoust; le R. P. Bourdalouë, le mois d'Aoust jusqu'a la N. Dame de Septembre : le RP. Jobert, le reste de Septembre jusqu'à la Toussaint (p. 6).
Il serait intéressant d’avoir chaque année une série aussi complète des prédicateurs de l’église de la rue Saint-Antoine ; mais cette énumération détaillée est une exception dans la Liste. Elle fournirait pourtant matère à une étude comparative que ce n’est point le lieu d'entreprendre. Rappelons seulement que les PP. d'Avril et de Gonnelieu, nommés pour l’avent de l’année 1688 et le début de la suivante, sont tenus en médiocre estime par Le Gendre : il leur refuse le nom d’orateurs, les donnant l’un et lautre comme les représentants d’un genre inférieur :
Je ne mets point dans ce rang (des prédicateurs) ces prédicateurs populaires qui en croyant mieux inculquer quelques vérités effrayantes tonnent et tempêtent à tout moment. Le pieux tintamarre de ces hommes de feu qui dechirent leur surplis en chaire n’est tonnerre que pour le peuple, il n’y a que lui qui s’en effraye, et bien loin de faire impression sur l'esprit des personnes graves, elles les font rire souvent; tels étoient un P. d'Avril et un P. de Gonnelieu... (Mémoires, p. 18.)
Le document est bon à recueillir et nous avertit nettement que pour réagir contre la légende du Bourdaloue aux yeux fermés, il n’est pas nécessaire d'admettre que le Bourdaloue dont M" de Sévigné écrit qu'il Çtonne !», et qu'il « frappe comme un sourd, disant des vérités à bride abattue *», eût rien de ceux de ses confrères dont