‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 174 sur 475 · Nous en reparlerons bientôt, à l'avent de · texte numérisé non relu

Nous en reparlerons bientôt, à l'avent de

ALLUSION AU LIVRE DES MONITA SALUTARIA 725

Voilà ce que j'appelle nostre esperance : mais en voulez-vous voir l'abus? c’est icy, mes chers Auditeurs, que j’ay besoin de toute vostre application, en finissant ce discours. L'abus de cette invocation de Marie, … c’est qu’au lieu d'envisager Marie, comme la mediatrice qui peut par son intercession nous procurer les veritables graces du salut... les graces victorieuses qui doivent combattre en nous nos passions. ; par de secrettes & de funestes erreurs qui nous trompent, nous nous formons de Marie une fausse idée, jusqu’à nous promettre de sa protection des graces chimeriques & impossibles. .. Nous invoquons Marie, mais par une temerité, qui bien loin de l’honorer luy est injurieuse, nous esperons obtenir par elle une bonne mort aprés une vie toute mondaine... Elle est toute puissante pour nous attirer à Dieu & pour rapprocher Dieu de nous, toute puissante pour disposer Dieu à estre touché de nos larmes, toute puissante pour luy faire agréer nos vœux, nos satisfactions, nos sacrifices ; mais non pas toute puissante pour aneantir l'obligation de tout cela, ni pour faire que Dieu oubliant ses plus essentiels attributs, devienne, si j'ose ainsi parler, prevaricateur de sa sainteté & fauteur de nostre iniquité 1.

Après s'être aussi vigoureusement prononcé contre la dévotion mal entendue, Bourdaloue, dans la prière finale, commentant le Salve Regina, se sépare non moins nettement des partisans du livre des Avertissements salutaires de la bienheureuse Vierge à ses dévots indiscrets ?:

Comme Reine, dit-il, nous vous reclamons, Ad te clamamus ; mais nous n'implorons vostre secours, que pour pouvoir marcher sur vos pas en imitant vos exemples... Nous ne nous mettons sous vostre protection que pour obtenir par vous la grace de nostre conversion. Sans craindre d’être du nombre de vos devots indiscrels, nous vous appelons mere de misericorde, source de vie, consolation de nosames, Mater misericordiae, vita, dulcedo ; mais nous ne prétendons point que ces titres nous authorisent dans nos foibiesses, ni qu'ils nous rasseürent dans nos désordres. Malgré les critiques censeurs de

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