‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 19 sur 475 · CONJECTURES SUR LE SUJET DES SERMONS · texte numérisé non relu

CONJECTURES SUR LE SUJET DES SERMONS

emprunta la citation royale qui nous sert à dater le sermon du 2 février? Le savoir servirait peu à reconstituer cette stauon du carême sur laquelle les renseignements officiels font défaut !.

La conclusion antérieure de l'affaire des poisons a fait placer à cette année le sermon sur l’Impureté, et par Suite, celui de la Madeleine, qui s’y rattache, comme nous le verrons en 1683. Je n’oserais pas être aussi affirmatif que M. l’abbé Pauthe : il tranche avec Feugère, contre Mgr Blampignon et le P. Lauras, la date de ces sermons que ceux-ci plaçaient en 1680. C’est bien plus la difficulté de les faire entrer dans ce carême écourté que les arguments sur le procès encore en cours qui m’empécherait de les suivre ; mais comme Feugère et M. l’abbé Pauthe n'offrent pas d'autre preuve positive que ce sermon sur l’Impureté soit de 1682 que l’allusion « actuelle » par eux supposée, rencontrée dans un discours précédé du mot Stre, c’est trop peu pour faire nommer ce sermon « sermon du 1* mars » et pour déduire ainsi les dates des sermons qu’on y rattache, en s'appuyant sur la coïncidence liturgique de l'édition.

C’est supprimer d’un trait trop d’inconnues, mauvaise méthode pour atteindre une solution. Quand même nous ne saurions point par Bretonneau que les sermons prononcés devant le roi, renfermés dans son édition, Pont quelquefois été « à d’autres jours et sous d’autres évangiles », il serait toujours hardi outre mesure de mettre en circulation de dates précises, dépourvues de tout autre appui que cette dangereuse induction. La fâcheuse tendance qui entraîne à conclure au-delà des prémisses offre le grave inconvénient de forcer les travailleurs plus exigeants à démolir. Ils endossent alors l’odieux qui s'attache à toute conclusion

{. Ce n’est pas l'avis de M. le chanoine Pauthe qui trouve (p. 144) que ce carême de 1682 offre « une ample matière. » Il faudrait ajouter : « à conjectures. »

négative. Avant eux, on savait (ou croyait savoir) quelque chose. Après leurs travaux, on ne sait plus rien. On à reculé, Et c’est ainsi que les historiens sont accusés de conduire au scepticisme. En sont-ils responsables ?

Puisque nous avons des documents, plaçant au carême de saint Paul de 1683, les sermons de l’{mpureté et de la Madeleine, réservons-les à ces dates. Tenons-nous aux sermons constatés, sans mêler les possibilités aux faits certains, ni les affirmations sans base aux documents.

Rochebilière, dont la méthode était plus rigoureuse et plus patiente, a relevé dans ses notes la date de l’ouverture du jubilé, 18 mars, mardi après la Passion. Mais cette cérémonie présidée à Notre-Dame par Harlay, qui « célébra solennellement la messe » ne peut concerner le carême de la cour. Le jubilé promulgué à Paris le 18 pour s’y terminer le 31, dut avoir, à Saint-Germain en Laye, la même durée, car le roi fit le sien durant la semaine sainte, mais rien ne dit qu'il y ait eu sermon d'ouverture.

On lit dans les Mémotres du marquis de Sourches.

Vers la moitié du mois de mars étoit venu le jubilé universel : le roi fit le sien pendant la semaine sainte... 1

Nous avons vu aussi le Mercure mentionner cette circonstance. Les seuls sermons datés, mais non reconnus, car la Gagette ne dit rien des sujets, sont celui du vendredi saint deux fois nommé dans la Gazette, et celui de Pâques.

27 mars, vendredi saint. — De S. Germain en Laye, le 27 mars 1682 ?.

Ce matin, Elles ont entendu le sermon du Pere Bourdaloue, qui a prêché tout le Caresme devant la Cour 8.

Op CID 2. « Le ?6, le Roy ayant entendu le sermon de l'abbé de Bertier.... lava et baisa les pieds à treize pauvres,... La Reyne.... L'après disnée, Elles

assistèrent dans la même chapelle du Vieux Chasteau aux Ténèbres... ou se trouva aussi Mer le Dauphin. »

3. (Gazelle de France du 28 mars 1682. p. 187 et 188). — Nouvelle application de la formule trop soulignée par Feugère (V. plus haut, pp 612 et5151), usitée comme on voit, en dehors des annonces de l’ouverture et de la clôture.

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