SERMON A LA VISITATION DU FAUBOURG SAINT-GERMAIN
cette ouverture de l’avent de Saint-Paul. C'était un témoignage aisé à recueillir.
De Paris le 8 novembre 1692 : le 1°" de ce Mois, feste de Tous les Saints, Monsieur et Madame accompagnez de Monsieur le Duc de Chartres, & de Mademoiselle allérent en l’église de Saint Eustache leur Paroisse : l’apres dînée Leurs Altesses Royales allérent en l'Eglise Saint Paul entendre la Predication du Pere Bourdaloüe, Jésuite. (Gazette de France du 8 nov. 1692, p. 407.)
Vendredi 21 novembre : Sermon pour le renouvellement des vœux à la Visitation du faubourg Saint-Germain.
Nous eumes l’avantage à la fête de la Présentation de renouveler nos vœux entre les mains du Révérend Pére Bourdaloue, dont Vos Charités connoissent assez la réputation, nous restimes toutes pénétrées de reconnoissance envers Dieu; nous ayant fait comprendre que notre profession religieuse nous engageoit à imiter le sacrifice continuel que le Sauveur offre sur nos autels, qui est de lui-même, de tout lui-même, sans réserve et pour toujours ; que de même, nous devions nous offrir à Dieu nous mêmes, le faire sans la moindre réserve et pour toujours. Ce Révérend Père nous a honorées depuis de deux de ses sermons, à la profession d'une jeune novice, et à la vêture de notre unique postulante. On peut dire qu'il n’a point son semblable dans ses discours touchants, éloquents et pleins d’une onction toute céleste !,
Nous avons dans cette circulaire l'indication de deux discours, lun de profession, l’autre de vêture, qui, sans date précise, se trouvent localisés entre le 21 novembre 1692 et le 7 mai de l’année suivante, Jour auquel a été écrite la lettre. Tous deux avaient échappé à Rochebilière ; c'est le commencement d'une découverte.
30 novembre, 1° dimanche de l’avent. —— Nous avons le témoignage de M°° de Sévigné :
A Paris dimanche 30 novembre 1692.
... Adieu, madame, ma très-chère madame (Mme de Guitaut)... Je m'en vais au sermon du P. Bourdaloue, au lieu de vous, j'ai
1. Communication du monastère d'Annecy. Extrait d'une circulaire de notre troisième monastère de Paris (Faubourg-Saint-Germain, puis rue du Bac). 7 mai 1693... Cf. plus haut, p. 568.
auprès de moi M%° Martel; vraiment ce n'est point du tout la même 1...
8 décembre, sermon sur la Conception. -- Nous pouvons compter parmi les auditeurs M"° de Lamoignon et Baillet et conjecturer le sujet du sermon. C'était, (Quesnel Patteste), une reprise de celui de l’avent de Versailles, qui, l’année précédente, avait suscité les réclamations de la feuille janséniste citée plus haut :
Quesnel à du Vaucel, à Rome, 26 décembre 1692.
.. Le P. Bourdaloue qui a prêché l’avent à Saint-Paul, a répété ce qu'il avait prêché il y a un an, le jour de la Conception, contre les Avis salutaires. Et ce fut le même jour, et on dit cependant qu'après avoir bien crié, il avoit pris de ce livret tout ce qu'il y avoit de meilleur dans son sermon ?.
Le P. Lauras a parlé, à l’année 1674, de ce sermon qui fut l’occasion du livre de Ballet de la Deévotion envers la sante Vierge, paru en 1693 *. Mais il y faut ajouter des documents plus topiques et ne pas donner de l’opuscule de Baillet l'analyse passionnée que le P. Lauras empruntait au Dictionnaire des livres jansénistes du P. Colonia *.
Voici ce qu’on lit dans la vie d'Adrien Baillet, en tête des Jugements des savants, de l'édition La Monnoye :
La seconde occasion qui suspendit la continuation des Jugemens des Savans fut aussi imprevüe que la première. Ce fut au sujet d’un
sermon du Pere Bourdalouë sur la Conception de la Sainte Vierge en Décembre 1692 où il se laissa mener par Madame de Lamoignon qui
1. Sévigné, éd. Hachette, t. x, p. 91. (C'etoit le premier dimanche de l’avent que Bourdaloue prèchait à S. Paul.) (R.)