‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 264 sur 475 · BOURDALOUE ÉDITANT SES SERMONS · texte numérisé non relu

BOURDALOUE ÉDITANT SES SERMONS

dans la Liste, bien avant l’arrivée de cette lettre *, Faut-il aussi se demander si la publication de l'édition subreptice qui commença à paraître sur la fin de 1692, ne serait point pour quelque chose dans ce conseil donné à Bourdaloue ? S’éditer eux-mêmes était, nous l’avons vu, presque l’unique moyen de défense des auteurs. Pour protéger leur réputation contre les imperfections ajoutées ou laissées à leur parole par les impressions clandestines, pour déconsidérer et perdre d’opinion les recueils désavoués, le seul remède était de se résigner à publier leurs œuvres. Du reste, ne füt-ce que pour étendre le bien produit par la prédication, Bourdaloue pouvait songer à imprimer ses sermons. C’est ce que lui demande de faire le P. Thyrse Gonzalez, après lui avoir accordé de décliner la charge de supérieur de la Maison professe, qu’on avait songé à lui confier, étant donné que ses fonctions ordinaires l’attachaient à demeure à ce domicile. Son refus est agréé d'autant plus volontiers qu'il semble avoir objecté que, dans ce cas, 1l serait forcé de renoncer à la prédication. Or l'intention du général était de lui voir mener de front les deux charges :

Ce qui m'a paru surtout désirable et par suite m'est infiniment agréable, c’est que Votre Révérence prépare pour limpression ses excellents sermons, de façon que le fruit de ses travaux et de son

éloquence ne soit plus limité à un seul endroit, mais s'étende à la France tout entière. Puissent aussi ces sermons servir à ceux mêmes

1. L'objection tirée de la date de la lettre, qui n’a pu faire renoncer à des stations déjà arrêtées, tomberait, si l'on voit dans cette lettre du P Général des félicitations pour une entreprise commencée, plus encore qu’un désir exprimé de voir entreprendre cette édition. Il parait bien qu'on doit entendre ainsi le texte : {llud mihi gralissimum accidit quod Reverentia Veslra ad prelum adornel suas conciones lectissimas. Sans doute, pour échapper à la charge de supérieur, Bourdaloue, dans sa lettre (perdue) à son général, aura donné, avec les autres, l'argument tiré du temps réclamé pour ce soin à consacrer à l'édition. — Faut-il traduire lectissimas par un choix de sermons, je ne le pense pas; ces mots signifient plutôt à mon avis, un superlatif absolu. Peut-être pour exprimer l'idée d’un choix,de sermons, le P. Gonzalez n'aurait-il pas écrit: leclissimas e contionibus ?

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