SERMON SUR LE TRIOMPHE DE LA CROIX
Donnez-nous cet amour de la croix, sans quoy il est impossible que nous fassions jamais le sacrifice de nous-mesmes. Inspirez-nous le mesme sentiment qu’eust saint André à la veûë de la croix, lors qu'il s’écria : O croix, source de mon bonheur ! O bona crux! Faites que nous le disions comme luy, que nous le pensions comme luy, & que par la voye de la croix nous parvenions à la mesme gloire que luy, qui est la vie éternelle, où nous conduise, &c. !
Sans avoir lieu de nous étonner, la similitude des sujets appelant cette ressemblance des péroraisons, il faut citer ici la finale d’un autre sermon inédit, dans lequel Bourdaloue use plus amplement encore de cette prière suprème de saint André. Il s’agit du sermon pour le dimanche des Rameaux, intitulé : Sur le Triomphe de la Croix, un des plus intéressants et des mieux «écrits » que nous fournissent deux manuscrits anciens, à peu près conformes (celui de Phelipeaux 11 et de Montausier n) :
Qu'avons-nous donc à faire, mes chers auditeurs, quand Dieu nous envoie des croix ? Nous devons, quand elles nous arrivent, avoir dans le cœur et dans la bouche, les paroles de saint André : O bona crux quae decorem de membris Christi suscepisti ! O croix, croix passionnément aimée, chère croix, qui es devenue si pleine de gloire par l’attouchement du corps de Jésus-Christ, je m'approche de toi tout rempli de joie ; je te desire de toutes les ardeurs de mon cœur. Per le me recipiat qui per le moriens redemit. Je veux mourir entre tes bras, afin qu'ayant servi d'instrument à Jésus-Christ pour dompter le démon et racheter les hommes, tu me serves de guide à la bienheureuse éternité. Voilà les sentiments où je voudrois vous laisser, qui seront sans doute suivis de la couronne de la gloire que
Je vous souhaite. Amen ?.
A côté du sermon sur saint André qu'il serait permis d'attribuer, avec les doutes requis, au mercredi 30 novembre, faut-il supposer encore quelque sermon de jubilé ? « Le Pape, lit-on dans le Mercure galant® de décembre, a fait publier un Jubilé pour la paix générale entre les princes chrétiens. » Il s’agit probablement de la
CMS UNeeaUr 2. Sermons inédits, p. 224, SABLES Un