LA LE DIFFÉREND DE SANTEUL AVEC LES JÉSUITES
bulle de Innocent XIT, datée du 4 décembre, commençant par les mots : Zn sublimi Sedis apostolicae fastigio”.
Le Pape y demande qu'on reprenne les prières déjà faites dans cette intention, et nous avons vu que le sermon imprimé de Bourdaloue sur le Jubilé, signale, avec le mouf de l’Année sainte, le secours à obtenir contre les progrès des Turcs. Il se peut donc que cet avent de Saint- André ait comporté une reprise du sermon sur le jubilé. IL est toutefois plus vraisemblable qu’une bulle promulguée à Rome le 4 décembre, suppose plutôt un Jubilé célébré en France, seulement l’année suivante, en 1696, commeon le voit par cette annonce de la Gagette du 10 mars 1696.
Le 5 on fit dans l'Eglise métropolitaine & dans toutes les autres de cette ville ouverture du Jubilé (P. 120.) 2
Quant à lPincident, tant de fois raconté, du différent de Santeul avec les Jésuites *, bien que Bourdaloue y soit
1. Bullaire, éd. de Turin, t. xx, p. 727. Désireux de pouvoir reprendre la défensive contre les Turcs et de terminer la guerre allumée depuis 1688, le Pontife demande des prières : Ul christianos principes alienissimo reipublicae lempore inter se decertantes, ad pristinam concordiam revocare, eorumnque consilia el vires ad Chrisliani nominis hoslem sociare dignarelur, id nunc potissimum cum nefarius Turcarum tyrannus, diuturnis illorum discordiis illeclus, vires alque animos sumil... ferventiori cordis affectu faciendum....
2. Le même jour (10 ?) le Roi fit à pied ses stations pour le jubilé, et le lendemain, il fit ses dévotions avec une piété exemplaire. (Mémoires de Sourches, t. v, p. 117.) Ce fut d’ailleurs ce jubilé de 1696 qui attrista le peuple. Mwe de Coulanges en écrivait à Mme de Simiane, de Paris, le 27 février 1696 : «... Le jubilé, contre vent et marée, commencera dimanche prochain, dont le peuple est aflligé; il est dans l'habitude d'employer les trois jours gras à un autre usage qu'à prier Dieu. » (T. x, p. 369). Madame s'en plaint aussi : « Marly, le 1° mars 1696. Nous allons bientôt mener une existence fort ennuyeuse ici, Car nous avons un jubilé. La chose est bien mal nommée, vu que rien n’est plus triste. Il faut être constamment fourré dans les églises, manger force poisson, jeûner et communier, De plus, pendant tout le temps que dure la chose, pas de divertissement, ni comédie, ni opéra.» (Jaeglé, t. 1, p. 123.) Cf. Dangeau, 5 mars, t. v, p. 374, Gazelle
du 10 mars.
3. Il dit qu’il est maintenant libre et quitte de son avent de Saint-André, cela peut s'appliquer à la fin de l'année 1695 ou plus probablement au
commencement de 1696. La réponse du Père de la Chaise qui précède cette lettre dans l'édition de Dinouard, 1764, in-12, p. 195, est datée du 18 décembre 1695. C'est peut-être cette année qu'il prêcha le panégyrique