‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 300 sur 475 · MORT DU P. HONORÉ DE CANNES S · texte numérisé non relu

MORT DU P. HONORÉ DE CANNES S

Les éloges accordés au zèle des Pères Séraphin et Honoré de Cannes n’ont jamais prétendu sanctionner en tout point leur méthode. De même que Bossuet louait dans la lettre citée à M" de Béringhen, l'excellente homélie donnée à Meaux par le premier, sans juger à propos pourtant d'adopter sa manière ?, il appelait dans son diocèse de Meaux le P. Honoré de Cannes et ses Compagnons pour y donner la mission. Ce n’est pas une mince louange, et, sans y voir un jugement sur les deux modes de prédication que nous avons exposés, il en faut conclure que le zèle indéniable du P. Honoré de Cannes, comme celui de son émule, le P. Séraphin, n’était pas sans fruit.

Ne soyons donc pas surpris ni ébranlés de l’article très louangeur consacré au P. Honoré de Cannes par le Mercure galant annonçant sa mort. Mais, pas plus que le véritable « dithyrambe » de La Bruyère en l'honneur du P. Séraphin prêchant à Versailles, il ne tranche le conflit entre les deux méthodes de prédication :

Jay encore à vous parler, lit-on dans la lettre du mois de février 1694, de la mort du Pere Honoré de Cannes, Capucin. Il y a peu de noms en France plus connus que le sien. Il s’estoit acquis une si grande réputation par toutes les Missions qu’il a faites dans presque toutes les Eglises cathedrales du Royaume & dans les principales Villes, que le Public, qui a tant profité de sa vie, a quelque interest d’aprendre sa mort, car il avoit cette pratique à la fin de chaque

1. Mme de Caylus, dans ses Souvenirs a fait allusion à cette voix désagréable, et aussi au jeu désordonné du prédicateur, à propos du rôle de Joad mal tenu par l'acteur Beaubourg dans les représentations d’Alhalie: «Il me semble même, écrit-elle, parlant de cette pièce, quelle produisit alors (à Saint-Cyr) plus d'effet qu’elle n'en à produit sur le théâtre de Paris, où je crois que M. Racine auroit été fâché de la voir aussi défigurée qu'elle m'a paru l'être par une Josabeth fardée, par une Atbalie, et par un grand prêtre plus ressemblant aux capucinades du pelit père Honoré qu’à la majesté d'un prophète divin.» Souvenirs, p. 170. A ce passage est

ajoutée l’annotation qui suit : « La Josabeth fardée était la Duclos, qui chargeait trop son rôle... Le Joad capucin étoit Beaubourg, qui jouait en démoniane et avec une voix aigre. » (bid., n. 170, p. 11.)

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