‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 308 sur 475 · V. plus haut, p · texte numérisé non relu

V. plus haut, p

2. Dès l'année 1696, l'opinion était en éveil sur la question de Fénelon et du quiétisme, et les sympathies très partagées, témoin quelques documents du temps, offerts comme spécimens.

Lettre au P. Léonard, 7 janvier 1696... « un des principaux officiers du Chatelet m'a assuré que Madame Guion a été conduitte à Vincennes et interrogée par Monsieur de La Reynie. Si cela est, il faut qu'il y ait quelque chose de plus des sentimens erronez, il faut qu'il y ait du crime ou de l'ordure dans sa conduitte.» (Fr. 1920. Recueil de lettres reçues par le P. Léonard.)

Lettre de D. Montfaucon. À Paris, ce 2 février 1696 (à D. Estiennot). «On fait grand bruit du livre de M. de Cambray sur la prière, quelques-uns disent que le livre sera arresté. Si cela est, ce prélat est à plaindre. Car c'est un vray homme de bien et d'exemple qui a quitté une abbaye d'abord après avoir été nommé à son Archevesché, et qui s'est taxé luy-même à 15.000 livres de capitation pour décharger le clergé de son diocèse. J'ai leu ce livre et cela près qu'il est trop métaphysique et d'une spiritualité trop relevée pour le commun des gens, je ne le trouve pas mauvais.» Tamizey de Larroque, De la Correspondance inédite de D. Montfaucon (extrait de la Revue de Gascogne, Paris, 1879, p. 12.)

Mémoires de Sourches, 22 février 1697. « I1 y avoit longtemps que le livre composé par l'archevêque de Cambrai au sujet du pur amour de Dieu faisoit un très grand bruit à la cour et dans Paris, d'autant plus qu'on assuroit que l'évèque de Meaux, auparavant ami intime de l’archevêque, étoit dans des sentiments opposés, et avoit résolu de les mettre au jour. Chacun en discouroit à sa mode, les uns soutenant l'archevêque, les autres le blàämant ouvertement, les autres plus modérés disant que dans le temps où ] Eglise est attaquée par l’hérésie des Quiétistes, il auroit peut-être mieux fait de ne pas écrire sur une matière si délicate. Mais un accident imprévu qui lui arriva par l'incendie de son palais archiépiscopal de Cambrai, renouvela encore les discours et donna lieu à l'épigramme suivante :

Le feu matériel t’éprouve sans mesure

Tes meubles, ton palais, Cambrai, tout est brûlé.

Un autre auroit besoin d'en être consolé,

Mais pour le pur amour, quelle heureuse aventure !» TV D. 1240,

Ibid. ; ?2 fév. 1697: « On trouva aussi à la porte des Récollets de Versailles de sanglantes affiches contre le livre de l’archevêque de Cambrai, comme ces deux-ci: Apologie des chimères mystiques; Apologie du syslème des simples Quiétistes. Cependant le prélat ne laissa pas d'entrer en raillerie au sujet de son livre avec le roi et la reine d'Angleterre.» T. vw, p. 249.

Page 1