‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 309 sur 475 · SERMON DE VËVURE A LA VISITATION · texte numérisé non relu

SERMON DE VËVURE A LA VISITATION

P. Bonnaud ! à la paroisse de Versailles, etc. ? nous ignorons dans quelle église, et cela n’entraîne pas nécessairement un station complète du carême.

L'absence de station en règle est d’autant plus probable que nous rencontrons, peu de temps après Pâques, la mention d’une vêture et d’une profession.

Vers le 15 mai, vêture de Marie-Séraphine Amelot, à la Visitation de la rue Saint-Jacques. Les documents que nous rencontrerons au 25 mai de l’année suivante, bien qu'ils nous apprennent que la postulante fut dirigée par Bourdaloue, qui prêcha sûrement pour sa profession, ne sont pas aussi affirmatifs relativement à sa vêture. Ce sermon est donc au moins douteux.

1. Le P. Bonnaud (et non Bonneau), qui prêchait à la paroisse de Versailles le carème de 1697 et douna aussi un des trois sermons antiquiétistes signalés par Saint-Simon, était un des nombreux Lyonnais que le confesseur du roi attirait à Paris. Né à Lyon le ?8 juin 1655, entré dans la Compagnie de Jésus le 3 septembre 1670, à Avignon, profès à Arles, le 6 janvier 1691 ; il avait commencé à prêcher en 1684, mais il n'était venu dans la Province de France que précisément en cette année 1697 qui était donc son début en haut lieu. Il y demeura jusqu’en l’année 1705, où il retourna dans la province de Lyon. 11 mourut d’une attaque en prêchant, ou tout au moins au cours d'une station — inter concionandum. occupalus — dit sa notice, le 17 février 1714, samedi avant le 1" dimanche de carème. C'était à Saint-Germain-en-Laye, où il avait été demandé par la reine d'Angleterre qui goûtait son talent, (Communication du P. Van Meurs S.J.) — Est-ce par erreur de transcription que les Mémoires de Sourches l’appellent Donnaud, en racontant, en 1701, à propos de l'Avent ce très intéressant incident semblable à celui du P. Lombart (plus haut, p. 489.) 1 novembre 1701. « L’après-dinée, il (le Roi) entendit le sermon du P. Donnaud, Jesuite, qui ne plut pas à certains courtisans, mais que le Roi” et tous ceux qui avoient la morale solide trouverent fort bon et fort utile.» (Mémoires de Sourches, t. vir, p.138). — Ce modeste et peu connu contemporain de Bourdaloue méritait sa notice (à l'ombre de Bourdaloue) puisqu'il eut son heure, une seule il est vrai, de célébrité anonyme, pour le sermon du 24 mars 1697.

2. Sourches dit que {ous les jésuites prédicateurs à Paris, se déclarèrent ce jour là : « 25 mars 1697 : Le P., de la Rue, Jesuite, qui préchoit le carême devant le Roi, parla fortement contre la doctrine des nouveaux mystiques, et l'on sut que {ous les Jésuites qui prêchoient dans les églises de Paris, en avoient faitautant.» (Sourches, t. v, p. 255).

3. Mne de Maintenon, dans sa lettre de juin 1697, dit que Bourdaloue fut

* « Quoique ce prédicateur n'épargnât personne, le Roi ne laissa pas de lui donner des louanges ; mais la plupart des courtisans qui ne cherchaient que l’éloquence séculière ne trouvèrent pas son sermon à leur gré.» (Sourches.)

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