UN MOT DE BOSSUET SUR BOURDALOUE
Bourdaloue: « C’est notre maitre à tous. » Villenave, dans sa notice sur Bourdaloue, en tête de l'édition de Versailles, cite le « mot historique » sous cette forme : « Cet homme sera éternellement notre maître à tous; et il parloit ainsi, ajoute-t-1l, après avoir entendu l’oraison funèbre du grand Condé prononcée par Bourdaloue dans l’église de la Maison professe ! ». M. Profillet, dans sa notice en tête de la prétendue Æhétorique de Bourdaloue répète la même anecdote ?.
Elle n’en est pas plus sûre ?, bien qu'aucun albi tiré des lettres de Bossuet ne vienne établir son absence. Je ne déclare pas le mot invraisemblable. Bien d’autres
1. Ed. Lebel, t. 1, p. xx. Ce serait donc au 26 avril 1687 qu'il faudrait rejeter l’anecdote. Autant la discuter ici, puisque nous trouvons une tradition sur Bossuet, auditeur possible de Bourdaloue, en cette première oraison funèbre.
2. « Après avoir entendu la seconde (des oraisons funèbres), Bossuel s’écria : « Cet homme est éternellement notre maitre. » P. 16.
3. Voici une lettre de Floquet à Rochebilière qui l'avait consulté sur cette question; elle est du 5 février 1866 et je l'ai copiée sur l’autographe communiqué par M. Raffet.
Rue de l’Arcade, 25, Paris, 31 mars 1866.
Monsieur,
Charles-Maurice Le Tellier, Archevêque de Reims, parlant de Bossuet, a dit: « C'est nolre Maître à lous *. Bossuet, (j'oserais l’affirmer), ne parla jamais de Bourdaloue en ces termes. Le Cardinal de Bausset (Histoire de Bossuet, liv. vu, n° 27), s'exprime ainsi: « Nous regrettons que les Manuscrits de l’abbé Ledieu ne nous aient pas fait counaitre avec quelque détail l'opinion de Bossuet sur Bourdaloue. » Le 3 août 1694, Bourdaloue, à la prière de Bossuet, prêcha dans la Cathédrale de Meaux le Panégyrique de St-Etienne, 1 Martyr. Le Prelat, écrivantle lendemain 4, à Me d'Albert de Luynes, Religieuse à Jouarre, lui mande : Le Père Bourdaloue qui va à Jouarre, a bien voulu être le porteur du paquet où sera incluse cette lettre. Il nous a fail un Sermon qui a ravi loul notre peuple et tout le Diocèse.
C'est, Monsieur, jusqu'ici du moins, tout ce que j’ai pu découvrir sur ce que Bossuet pensait de Bourdaloue. Vous verrez, quoi qu'il en soit, que je ne vous mets point en oubli, et que je n'ai point perdu votre nouvelle adresse.
À vous, Monsieur, de tout mon cœur,
Votre bien dévoué serviteur, À FLOQUET.
"D'où liré? (mots ajoutés au crayon avec le renvci, par Rochebilière repassés à l'encre pat M: Raffet).