ÉLOGE FUNÈBRE DE HENRI I DE BOURBON
expressions polies ont affirmé des contre-vérités plus palpables que celles-ci, et il est très possible que Bossuet entendant une oraison funèbre aussi «chrétienne », aussi voisine du sermon, que fut celle de Bourdaloue, ait signalé cet exemple, lui qui avait le premier tourné vers «Putilité des enfants de Dieu, suprême loi de la chaire », à son avis, des discours avant lui trop profanes et sacrifiés à de pompeuses et peu sincères louanges. C’est l’absence de source que Je reproche à cette anecdote. Je ne demanderais qu’à la dater d’une assistance certaine de Bossuet à un discours de Bourdaloue !.
M"° de Sévigné, dans sa lettre du 15 décembre, écrit une appréciation enthousiaste comme celle des contemporains :
Auriez-vous Jamais cru aussi que le P. Bourdaloue, pour exécuter la dernière volonté du président Perrault ?, eût fait depuis six jours aux Jésuites la plus belle oraison funèbre qu'il est possible d’imaginer ? Jamais une action n'a été admirée avec plus de raison que celle-là. Il a pris le prince dans ses points de vue avantageux ;
et comme son retour à la religion a fait un grand effet pour les catholiques, cet endroit manié par le P. Bourdaloue a composé le plus beau et le plus chrétien panégyrique qui ait jamais été prononcé. Je vous l’enverrai si on l’imprime .
1. M. l'abbé Follioley dit dans son Histoire de la lillérature française au xvire siècle (5° éd.,t, 1, p. 273): « Bossuet, on le sait, ne fréquentait guère Ja maison professe, » C'est exact; toutefois, outre le sermon du {‘r janvier 1687", on pourrait signaler non seulement plusieurs visites à Bourdaloue et à d'autres Pères dans les dernières années de la vie de l'évêque de Meaux, mais la cérémonie d'abjuration qu'il vint y présider peu de temps après sa nomination à l'évêché de Meaux. Cf. De munere pas'orali Bossuet, p. 33. D'ailleurs le 10 décembre 1683, il répondait à une invitation de Condé.
2. M. Profillet s'est montré bien mal informé au sujet de l'éloge funèbre de Henri de Bourbon quand il écrivait cette phrase. « C'est en 1616 que mourut Henri de Bourbon, et ce n'est qu'en 1683, trente-sept années après, que Bour@aloue prononça son oraison funèbre. Les regrets avaient eu le temps de se calmer » (P. 16, note 1). Le trait final semble indiquer que l’auteur prend ce cours pour un oraison funèbre analogue aux autres, mais retardée ; il ignore l'histoire du legs Perrault.