LE DESSEIN DES FONDATEURS
Si donc, Mesdames, vous n’estes pas tout à fait insensibles à Fhonneur de Dieu & au bien spirituel de vos freres; si vous n’estes pas insensibles à vos propres interests, & si vous voulez pleinement & solidement reparer tous les scandales que peut-estre vous avez donnez, les uns avec connoissance, & les autres sans le remarquer ni le sçavoir, est-il rien que vous deviez menager, & rien que vous puissiez refuser pour maintenir un seminaire où se forment de tels ministres ?
Quelle que soit du reste l’année ou la circonstance dans laquelle à été prêchée cette allocution, on ne peut guère douter qu’elle ne regarde l’œuvre de M. de Chansiergues.
Plusieurs passages du sermon, rappelant l'exposé des motifs de la fondation paraissent décisifs à cet égard :
En un mot, Mesdames, imaginez-vous tout ce qu'il y a dans le ministere apostolique de plus parfait & de plus divin, c’est ce qu'ont eû en veûë des hommes de Dieu, de fervents zelateurs de sa gloire & de dignes ministres de sa parole... Ils ont donc crû, que le moyen le plus court, le moyen le plus efficace... estoit de former de bons prestres... Ils ont considéré. .. qu’afin de tirer plus d'avantage de ces seminaires, il convenoit d’y recevoir les pauvres gratuitement & de ne rien exiger d'eux, parce qu'autrement les meilleurs sujets se trouveroient exclus... C’est par ma bouche qu’ils vous parlent & qu'ils exposent leurs saintes intentions & leurs pressants besoins...
C’est peut-être pointiller quelque peu que vouloir chercher le nom de ce séminaire dans le sermon de Bourdaloue, et de voir une intention dans lemploi fait à diverses reprises du mot de « providence. »
Citant le mot de saint Paul : Christi bonus odor sumus in is qui salut fiant el in us qui pereunt, Vorateur ajoute :
.…. À l'égard de ceux qui se sauvent, parce que c’est nous qui par nos soins leur procurons les secours du salut; à l'égard de ceux qui se perdent, parce que s’ils abusent de ces moyens & de ces secours, nous servirons un jour de temoins contre eux, & nous justifierons la providence dont ils ne pourront se plaindre...
Or il ne tient qu'à vous, Mesdames, que je ne puisse aujourd'huy vous donner la mesme consolation & la partager avec vous, Il n’est pas juste que je sois continuellement employé à faire la censure de vos actions & de vos mœurs. Il n’est pas juste que vous n'entendiez de moy que des reproches. Vous pouvez me mettre dans l'heureuse