‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 343 sur 475 · LES FONDATIONS DE M. BAILLY · texte numérisé non relu

LES FONDATIONS DE M. BAILLY

Peut-être serait-ce à ce collège des Lombards que se rapporterait l’exhortation qu’il s’agit d'identifier. Toutefois, il faut remarquer que plusieurs traits semblent indiquer comme postérieure à l’année 1688 et à l’expédition du duc d'Orange. Les fondations de Bailly en faveur des Irlandais ne se bornèrent pas d’ailleurs à ce secours apporté au collège transformé des Lombards. Il établit en outre, d’après Grandet, «trois communautés d’Irlandais dans Paris, l’une dans la rue d’Enfer, l’autre au collège de Sainte-Barbe, où il entretenait quinze écoliers, à chacun desquels il donnait cent cinquante livres par an, la troisième, au collège de Montaigu, où 1] avait douze autres écoliers (théologiens et philosophes). Enfin il réunit ces trois communautés en une seule, à l’hôtel Saint-Michel, rue Traversine, paroisse Saint-Etienne du Mont. »

Ce qui me paraît à noter surtout dans les œuvres créées par M. Bailly, c’est le collège créé par ses soins à Kilkenny sous le règne de Jacques If, et qui fut dispersé après Pinvasion de 1688. L’allocution de Bourdaloue ne se rapporterait-elle pas au surcroit de charges, que cette expulsion des étudiants d'Irlande a sans doute apporté aux œuvres irlandaises de Paris? Toutes les allusions paraissent bien porter sur les malheurs de la dernière guerre et les effets de la révolution d'Angleterre, qui amena Guillaume sur le trône.

C’est encore à une assemblée de dames, aux mêmes peut-être à qui Bourdaloue adressa appel en faveur du séminaire Saint-Louis, que s’adressa notre prédicateur, leur recommandant dès son entrée en matière, ce « seminaire, où Dieu habite d’une façon d’autant plus particuliere, que c’est la demeure de ses ministres & leur refuge dans la tribulation dont ils ont esté affligez. »

Il s'agissait sans doute de parer à des éventualités fâcheuses, peut-être bien peu de temps après la catastrophe qui avait renversé Jacques IT :

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