‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 342 sur 475 · LE SÉMINAIRE IRLANDAIS · texte numérisé non relu

LE SÉMINAIRE IRLANDAIS

La similitude de sujet, plutôt encore que la proximité des dates, invite à placer ici le peu que nous savons sur la seconde allocution de Bourdaloue en faveur d’un séminaire. Celle-ci, bien antérieure apparemment, regarde le séminaire des Irlandais, et par suite, selon toute apparence, la fondation de M. Bailly.

Guillaume Bailly, demeuré sous-diacre, lui aussi, comme Chansiergues, s’occupa surtout des jeunes Irlandais. [’histoire des œuvres fondées en faveur des étudiants de cette nation a été résumée par l’éditeur de Grandet, d’après les notes fournies par M. Patrice Boyle, supérieur du séminaire. La fondation date du xvi° siècle; mais nous ne cherchons ici que les dates qui peuvent se référer à Bourdaloue. Il n’y a donc à s’occuper que de l’acquisition faite en 1677 du collège des Lombards, par deux prêtres irlandais, Patrice Maginn et Malachie Kelly. Ce fut eux que Guillaume Bailly aida de tout son pouvoir : « Il recevait tous les ans, dit Grandet, plus de soixante Irlandais, tant prêtres qu’autres ecclésiastiques ou jeunes gens qui se destinaient à l’Eglise, afin d'en faire autant de missionnaires qui pussent un jour retourner en Irlande pour y porter la foi ?. »

intentions et ses pieux desseins, établit dans ladite maison, située rue d’Enfer, un séminaire qui se nomme le séminaire de Saint-Louis, et y a fait faire de grands bâtiments pour y entretenir tous les ecclésiastiques répandus en différentes communautés de Paris, dont M. de Chansiergues prenait soin.» L’annotation de M. Letourneau fait remarquer que les lettres patentes de décembre 1696 permettent d'y enseigner les humanités, la philosophie et la théologie, sans que le temps qui serait passé dans ce séminaire püt être compté pour prendre les degrés dans l'université, parce que le but de la fondation était de préparer de bons vicaires de paroisses. — M. de Marillac avait, bien avant le temps de sa fondation testamentaire, commencé à s'occuper des jeunes clercs. On lit aussi dans sa biographie, p. 272 : « Après la mort de son père, qui arriva le ?9 novembre 1684, M.de Marillac alla demeurer dans une maison qu'il avait acquise rue d'Enfer, à la porte de Saint-Michel, où il faisait venir tous les dimanches les jeunes clercs de plusieurs paroisses de Paris après vêpres.... » V. aussi, p. 275, ce qui est dit de sa campagne de Gentilly.

1. V. cependant note p du livre 1v, les extraits de la Gazelle et du Mercure relatifs à cette fondation, ou plutôt à celle de 1672.

9, Grandet, lc, p.244

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