TÉMOIGNAGE DE GERMAIN BRICÉ
professe, où il ne cite nommément que trois des pères alors vivants : Bourdaloue, Menestrier, La Chaise, Bourdaloue est mentionné en premier lieu :
Il y a de tres-celebres Prédicateurs dans cette Maison Professe, entre les autres le Pere Loüis Bourdaloüe, natif de Bourges, dont les sermons sont fort courus et ecoutez avec beaucoup 7 or & d'applaudissements ; son veritable caractere est la Morale, qu'il debite avec une éloquence si delicate, si vive, & si penetrante, qu'il enleve tous ses Auditeurs 1.
genre tout different de précher, ne fait pas moins de bruit et ne mérite pas moins de loüanges, »
Lk7 6000. Seconde édition, augmentée de plusieurs Recherches tres curieuses, par M. Brice. (L'ouvrage n'est donc plus anonyme.) Paris, 1694, 2 tomes en un volume in-12. T. 1, p. 179 (même notice que dans la re édition, sauf changements insignifiants, par exemple: «On ne dira rien », au lieu de: «Je ne diray rien ». Mais pour Giroust, il y a maintenant, au parfait, au lieu du présent : « N'a pas fait moins de bruit, & ne merite pas moins de loüanges ». Enfin dans l'édition de 1698, Giroust disparait. Bourdaloue reste toujours avec le même éloge. (Communication du P. Chérot, lettre du 29 mai 1901.)
1. T. ur, p. 307-318. Paris, 1698, 2? vol. in-12. Dans sa « sixième édition », revûe & augmentée par l’Auteur, à Paris, chez François Fournier, M.DCCXII, au tome 11, après sa description de « La Maison Professe des Jesuites », pp. 36-49, il ajoute: « Plusieurs illustres ont paru dans cette maison, particulierement dans la chaire, dont l'exacte recherche menerait trop loin. On se contentera seulement de nommer ceux qui se sont distinguez, & qui ont été les plus suivis dans ces dernieres années. Le P. Claude Menetrier, mort en 1705, lequel avec sa maniere de prècher qui étoit goùtée, possédoit encore plusieurs belles connoissances. [l a donné quantité de volumes...
» Le P. Daniel s’est fait connoître par le Voyage du monde de des Carles, etc... Mais le travail qui l'a le plus occupé est son Histoire de France en 3 vol. in-fol., à laquelle il a employé plus de vingt années. Elle va paroître incessamment.
» Entre les prédicateurs les plus renommez, on doit compter le P. Girou, dont les sermons étoient fort goùtez.
» Le P. Louis Bourdaloue, né à Bourges d’une des Jin honorables familles de la Ville. Il est mort un Mardy 13 de May 1704, dans la soixante et douzième année de son àge. Ses Sermons ont été imprimez en 8 vol. in-12 *, dont la lecture peut consoler en quelque maniere de la perte d’un si grand prédicateur, qui font juger de son heureux genie & de sa profonde & vive éloquence, qui entrainoit le cœur de tous ses auditeurs.» (T. 11, pp. 50-51.)
(La variante de la formule est à noter. Suit l'éloge de Gaillard et de La Rue, avec une mention du P. de La Ferté. Celui-ci devait bientôt être exilé suivant cette note tirée des Mémoires de Sourches : « 25 mai 1699: On sut, ce jour-là, que le P. de la Ferté'* Jésuite, avoit été exilé par
" Les Dominicales, commençant le 9 volume de l'édition, 1716, n'avaient en effet
point paru, et les sermons, au temps où Brice revoyait son livre, s'arrêtaient au second tome des Panégyriques, parus en 1941.
” Frère du Duc de la Ferté. On croyoit qu’il avoit parlé un peu trop librement en chaire,