DEUX SERMONS AUX NOUVELLES CATHOLIQUES
le Dimanche de la Passion, M. Hideux, Docteur de Sorbonne, & Curé de St Innocent (sic) ; le 4. Dimanche, le R. P. Chaussemer 1, Docteur de Sorbonne & Predicateur ordinaire du Roy; le Dimanche des Rameaux, M. l'Abbé Grimaut; le Vendredi Saint, M. l'abbé de Beaujeu ; le Dimanche de Quasimodo, le R. P. Séraphin, Capucin.
À part les quelques noms obscurs sur lesquels nous n'avons pas à nous arrêter, il ne déplaïit pas de rencontrer à côté de Bourdaloue et partageant cette station, le P. Séraphin, linfatigable prédicateur, toujours prêt du reste, en cette station même, l’orateur de Versailles, puis le P. Chaussemer, un vétéran de la chaire lui aussi. Deux d’entre les orateurs nommés ici se retrouvaient avec Bourdaloue en ce même carême, dans l’église des Nouveaux-Convertis, l’abbé de Beaujeu, parfaitement inconnu d’ailleurs ? et Pabbé Grimault, dont nous ne savons que le titre, inscrit dans la Liste : trésorier de la Sainte- Chapelle de Montpensier. Voici d’ailleurs le détail de la seconde station partielle de Bourdaloue :
Au territoire S. Marceau. Aux Nouveaux convertis ; L'on preschera
tous les Vendredis de Carème à trois heures ; le 1. Vendredi M. l'abbé Bignon 3; le 2. M. l’abbé de Beaujeu; le 3. M. l'abbé Grimault,
1. On se souvient que le curé des Saints-Innocents, un des approbateurs de l'ouvrage de Baillet, fut à cause de cela attaqué en divers
écrits. V. plus haut, p. 793 et plus bas, p. 9131. — Sur le P. Chaussemer, v. plus bas, p. 9052.
2. Je crois pouvoir maintenir l'épithète, même en reproduisant ce fragment des Mémoires de Sourches, où nous lisons : « Le 27 (mars 1698), qui étoit le jour du jeudi saint, le Roi entendit à la Cène un sermon de l'abbé de Beaujeu qui fut un des plus beaux et des plus forts qu'on eût encore entendus à la cour sur ce sujet-là. » — Suivant sa coutume, au nom du prédicateur, Sourches ajoute une note: elle nous apprend le pays d'origine et la parenté de ce prédicateur: « Gentilhomme de Provence, neveu de d'Estoublon, ci-devant maitre d'hôtel du Roi et de ce chevalier Beaujeu qu'un frère de cet abbé avoit sauvé des sept tours de Constantinople,» — M. l'abbé Hurel qui s’est occupé surtout des prédicateurs ayant donné une station proprement dite, a négligé cet abbé de Beaujeu dont le sermon de la Cène fut si fort admiré de Sourches.
3. L'abbé Bignon, dont M. l’abbé Hurel fait un portrait peu flatteur, quant à la vie privée, avait prêché l'avent à la cour en 1692. Sourches, parlant du premier sermon prêché devant le roi à la Pentecôte de 1691, (cette fête servait, comme la Cène du jeudi-saint, à l'essai de certains prédicateurs invités ensuite, s'il avaient plu, pour une des stations sui-