‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 362 sur 475 · PRÉDICATEURS CONTEMPORAINS · texte numérisé non relu

PRÉDICATEURS CONTEMPORAINS

Au lieu de faire l'éloge de M. l'abbé Boileau, comme je m'y estois préparé en vous écrivant sa mort le mois passé, j'ay la joye de vous apprendre que cet illustre Abbé se porte fort bien. Si j'en disois davantage je blesserois sa modestie. Il vit & ses doctes Prédications vous feront souvent son éloge !. (P. 337.)

Massillon avait la chaire de Saint-Gervais; Séraphin, le Carême devant « Leurs Majestez Britanniques » à Saint- Germain-en-Laye; du Jarry, un sermon au Carmel de la rue du Bouloi de Grenelle. Le P. Gaillard prêchait à Saint- Jacques de la Boucherie, et Bretonneau à Saint-Nicolas des Champs, où Bourdaloue avait donné l’avent de 1690. Enfin, à la Sainte-Chapelle, on voit inscrit «le R. P. Chaussemer, Jacobin, Docteur en Théologie & Prédicateur ordinaire du Roy?.» L'annonce de la Liste relative aux Vouvelles Catholiques nous apprend le nom de l’obscur prédicateur que vint rehausser Bourdaloue de l’éclat de sa réputation en donnant trois des sermons de ce carême. Il

1. Dans les nouvelles à la main du ms. de la Bibliothèque nationale.

(n. à. fr. 1732, on lisait sous la date du ? mai 1688 : « M. l'Abbé Boileau famus (sic), predicateur qui preschoit ce Careme à St Jean en greue, tomba le dimanche de Quasimodo en apoplexie.»— Il est prudent d'atténuer l'explication que j'ai proposée plus haut, p. 5482, du mot prèté à Racine sur les sermons de Boileau empêchant la Judilh de Boyer de tomber durant le carême. Une des lettres de Madame permettrait de laisser à l’'épigramme toute sa cruauté, et n'était que la réponse collective du parterre a probablement été arrangée après coup, l’application au prédicateur est formellement faite : L

« De Paris, le 1 mai 1695.... Je crois, que comme l'on est tellement dévot à la cour, les auteurs se sont imaginés que l'on feroit meilleur accueil à leur pièce, s'ils y mêlaient un peu de piété. Au début cela à réussi, mais à cette heure on ne peut plus souffrir leur comédie. Quand les acteurs l'annoncèrent la dernière fois”, le parterre répondit : « Nous n'en voulons plus! — Pourquoi cela? demandèrent-ils? elle a pourtant été fort goùtée » Le parterre répondit : « Cette comédie n'a pas été sifflée, parce que c'étoit le carème, et que tous les siffleurs étoient occupés à Versailles à siffler les sermons de M. l'abbé Boileau. » C'étoit une jolie réponse ». — Trop jolie même, car elle paraît bien avoir été inventée.

2, Ce titre qui reparaît (V. plus haut, p. 8981), est à noter, car il semble, d'après un document de l’année 1704, qu'à la mort de Bourdaloue, il n'y eut que deux titulaires de cette fonction, lui etle P. Séraphin, successeur de Mascaron, mort en novembre 1703. V. plus bas la note u du livre 1v.

* Judilh, tragédie de l’abbé Boyer... C'est à la Champmeslé elle-même qu'on fit cette réponse. M. de Léris, Dictionnaire des lhédtres. (Jaeglé, I, p. 112.)

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