LE BOURSAULT THÉATIN
Parmi les prédicateurs de cet avent', on remarque Bretonneau, qui commence sans doute à se faire connaître, à la station de Saint-André des Arts, et donne en outre le sermon du 11 décembre, durant la neuvaine de la fête de l’Immaculée-Conception, aux récollettes de la rue du Bac, à côté de Boursault, ce théatin, fils de l’auteur comique,
-inspirateur, dit-on, du P. Caffaro, son confrère, pour la
fameuse lettre sur la Comédie réfutée par Bossuet ?.
1. Le P. Séraphin donnait l'avent à Saint-Thomas de la rue Vivienne, le P. Gaillard deux sermons, aux Enfants-Rouges, pour les fêtes de la Conception et de Noël, copiant dore en cela un des avents précédents de Bourdaloue. Le prédicateur de l'avent à la cour, le P. Maure, de l'Oratoire, eut un beau succès, Nous retrouverons sou nom en 1701, p. 516.
2. L'histoire de cette lettre et de tout l'incident est racontée par Legendre dans ses Mémoires, p. 189. Mais il la faut suivre aussi dans la correspondance de Madame. (V. édition Jaeglé, t. 1.) Passionnée pour la comédie, celle-ci avait pris l’alarme : Sa lettre du 23 décembre 1694 nous la montre au sermon de Mascaron (éveillée ce jour-là, Cf. note n) et se défendant contre une application que fait pour elle le roi.
« 23 décembre 1694. Nous avons failli n'avoir plus de comédie. La Sorbonne pour plaire au roi a voulu la faire interdire. Mais l'archevèque. de Paris et le P. de la Chaise doivent lui avoir dit que ce seroit trop dangereux de « banir » (sic) les divertissements honneste (sic) »... Il y a quinz> jours, comme on prêchoit contre la comédie en disant qu'elle « animoit les passions », le Roi se tourna vers moi et me dit: «Il ne prèche pas contre moi qui ne va plus à la comédie, mais contre vous autres qui l’aimes et y alles. » Quoy que j'aime la comédie, repondis-je et que j'y aille, mons. d'Agien (d'Agen, Mascaron) ne prèche pas contre moi...» Cf. éd. A.A. Rolland, p. 137.
Il est plus piquant encore de l'entendre, au ? novembre 1702, se plaindre que le roi proscrit la comédie : sa lettre exigerait un contrôle qui nous manque, mais elle soulève au moins quelques questions historiques : « Le malheur pour les pauvres comédiens, c'est que le roi ne veut plus voir de Comédies. Tant qu'il y alloit, ce n'étoit pas un péché ; c'en étoit si peu que tous les évêques y alloient journellement, ils avoient une banq'ette pour eux et elle étoit toujours bien garnie. M. de Meaux y éloit toujours. Depuis que le roi n'y va plus, c'est devenu un péché. (Lettre à la duchesse de Hanovre, Versailles, le 2 novembre 1702 ; Jaeglé, t. 1, p. 277). Voilà sur M. de Meaux une accusation bien étrange; elle ne cadre pas avec les Mémoïres de Ledieu, nous disant (p. 24) que depuis son sous-diaconat, Bossuet qui avait vu « les spectacles dans sa jeunesse. y renonça absolument » et qu'au temps où «les opéra de Lully étoient le plus en vogue il ne fut pas possible de l'y faire aller, hors une seule fois qu'il y fut conduit comme par force ». C’est là une question que les noms de Boursault et de Caffaro, en face de celui de Bossuet, proposent à la sagacité des chercheurs, Il est possible que le banc des évèques et les médisances de Madame ne regardent que «les pièces saintes » comme
Esther et Athalie, qui alors ne trouvaient plus grâce. La solution est hors de notre objet.
UN FÜTUR BOURDALOUE 909
M°° de Simiane écrira de lui au marquis de Caumont, le 2h décembre 1931: QOn me parle d’un théatin qui prêche à Versailles, et qui passe tous les Bourdaloues, Massillons, etc." » Comme Bourdaloue ne pouvait prévoir ce succès, nous n'avons pas, Dieu merci, sur le compte de Boursault, le prétendu mot historique de Bourdaloue sur Massilion. Celui-ci avait, tout seul, la station aux Nouvelles Catholiques.
Signalons, au 15 novembre 1700°, la lettre de Bourdaloue à un Père de Trèves, le P. Schrembgers ?.