‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 369 sur 475 · BOSSUET ET BOURDALOUE · texte numérisé non relu

BOSSUET ET BOURDALOUE

ce qu'on oserail presque nommer une sorte de piège. Les questions quelque peu insidieuses posées par l’évêque de Meaux portèrent sur un livre qu'il loua fort, devant le père, et sur lequel Ledieu donne plus loin, la vraie pensée du prélat. Il s’agissait du livre anonyme du P. Germon, intitulé : Questions importantes à l'occasion de la nouvelle Histoire des Congrégations de Auæiliis'. Bossuet qui soupçonnait bien que l’auteur était un jésuite, espérait peut-être, par une politique assez transparente, que ses éloges feraient parler Bourdaloue. Le petit manège assez amusant que nous révèle, en l’admirant, le dévoué secrétaire de Bossuet, ne peut que faire sourire, Il serait peut-être rigoureux, encore que juste après tout, de le rapprocher d’une séance de la dernière assemblée du Clergé, tenue à Saint-Germain-en-Laye le 30 août de l’année précédente?. Bossuet, qui, ce jour-là, avait combattu fortement contre les équivoques et les restrictions men-

1. Le P. Barthélemi Germon était l’auteur d'une des réfutations du livre de Baïllet sur la dévotion envers la sainte Vierge, dont nous avons parlé p. 793, qu'il avait publiée sous le titre: Trois lettres du P. Germon, d'Orléans, Jésuile, à M. Hideux, curé des Saints Innocents sur l'approbation qu’il a donnée au nouveau livre de la dévolion à la sainte Vierge, 1693, in-12. Son livre des Queslions imporlantes était anonyme. V. Sommervogel, Bibliothèque de la Compagnie de Jésus, t. 1n. col. 1352. Il était dirigé contre le livre de Serry. Si l’on objecte que Bourdaloue connaissait la provenance du livre et déclara que l'ouvrage n'était pas sorti de sa Compagnie, il est difficile de lui faire un crime de sa réserve, si l’on approuve la conduite de Bossuet,

2. V. Ledieu. « M. de Meaux, écrit-il, le lundi 30 août, a commencé son rapport par le titre : De falso leslimonio, mendacio, el perjurio :... ne s'étant trouvé qu'une seule difficulté considérable sur laquelle il à appuyé : c'est la proposition soixante-neuvième du recueil imprimé: Palriarchæ et prophelæ, etc... des équivoques et amphibologies, qui s'appuie sur les patriarches, les prophètes, les anges, Jésus-Christ même et les saints. M. de Meaux-a posé pour principe la sincérité chrétienne commandée par Jésus Christ : Est, esl ; non, non, suivant laquelle il n'est pas permis de se faire un langage arbitraire en détournant à son sens particulier des paroles entendues en un autre sens. Il a répondu principalement aux exemples d'Abraham appelant Sara sa sœur, à ceux d’Isaac et de Jacob, et a fait voir par les principes de saint Augustin que le discours de Jacob: Non est mendacium sed mysterium : il l’a prouvé par les circonstances du fait.» Journal, t. 1, p. 115.

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