BOURDALOUE A MEAUX
cette Compagnie et sa famille sont allés coucher à Jouarre, pour la profession de Mlle de Montholon, fille du premier président pour laquelle M. de Meaux a dit la messe pontificale ce jeudi matin 19, et le Père Bourdaloue a prêché. (Journal de Ledieu, t 1, p. 185.)
Lundi 23 mai 1701. Le matin il a écrit (Bossuet) à M. le cardinal de Noailles une lettre au sujet d’un nouveau livre des jésuites : Question importante à l'occasion de la nouvelle histoire des Congrégations de Auxiliis à Liège, etc. Il attaque la doctrine de ce livre, contenue au chapitre x, p. 201, 213 ; et encore p. 5 et 42, où l’auteur prend la défense de la doctrine de Molina sur les forces naturelles, auxquelles il attache la grâce ; et M. de Meaux dit que par là la censure du Clergé est directement attaquée dans les propositions 5 et 6, et que souffrir ce nouveau livre, non seulement c'est abandonner la censure du clergé, mais que c’est souffrir le semi-pelagianisme. Je garde à Meaux dans mes papiers une copie de cette lettre, parmi les écrits de la grâce.
En venant de Paris à Meaux, le long du chemin, M. de Meaux lut tout ce livre et /e loua fort, appuyant beaucoup sur l’approbation que toutes les Universités d’Espagne et plusieurs autres avoient donnée à la nouvelle doctrine de Molina sur la Grace. Quand le père Bourdaloue passa à Meaux et y dina allant à Jouarre, notre prélat continua de lui faire l'éloge de cet ouvrage aussi bien que M. l'abbé Bossuet, et le père dit qu'il ne le connoissoit pas ni l'auteur, ni que ce fut un ouvrage sorti de chez eux... (/bid.)
Jadis Bossuet avait écrit, en parlant de Bourdaloue : «Je ne me défie pas de ce père !. » Peut-être le père n’eut-1l pas la même confiance envers le prélat, et bien lui en prit, semble-t-il, durant ce voyage, de ne se point trop livrer et d'éviter, grâce à la prudence qu’on lui reconnaît,
Marie-Anne-Madeleine de Canouville, marquise de Grémonville, Dame de Grosmesnil et d'Yvecrique, veuve du vidame d'Esneval, d’abord conseiller au Parlement, ensuite ambassadeur en Portugal, en dernier lieu, ambassadeur en Pologne, où il mourut. Le contrat de mariage de Montholon et de la dame de Canouville, passé devant les notaires du Châtelet de Paris, porte la date du 31 décembre 1699. Le premier président laissa pour unique héritier un fils, issu de son premier mariage, Charles-François-Adrien, encore mineur. Son second fils, Charles-François, mort à l'âge de 9 ans et demi, fut inhumé le 9 avril 1702, dans l’église abbatiale de Saint-Ouen, à Rouen (Communication de M. A. Héron, de Rouen, lettre du 2 février 1899).