‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 372 sur 475 · MASSILLON, MAURE ET BOURDALOUE · texte numérisé non relu

MASSILLON, MAURE ET BOURDALOUE

livre de Brillon, intitulé le T'héophraste moderne. Paru sans nom, à la fin de 1699, ce livre fut réimprimé en 1701. Certains traits qu’en a cités Mgr Blampignon, à cause du nom de Massillon et d’un parallèle entre celui-ci et le P. Maure, méritent d’être ici relevés. Une critique de cet ouvrage, de l’abbé de Villiers, parue en 1701, sous le titre de Sentiments critiques sur les Caractères de M. de la Bruyère, renferme aussi des réflexions relatives à Bourdaloue.

Brillon avait écrit, mettant Massillon au rang de Bourdaloue :

Un ordre déjà célèbre par le nombre de ses prédicateurs, met en vogue ceux qui aspirent à le devenir. Tel élevé dans un corps où ses talents ne sont point connus, est faiblement estimé, qui dans un autre eût acquis le titre d'habile ; il lui manque d'être le confrère de Bourdaloue ou de Massillon.

Dans le parallèle entre les deux oratoriens, sans nommer ni l’un ni l’autre, l’auteur du 7 héophraste moderne, désignait nettement Massillon, devenu célèbre par son premier carême à Saint-Honoré, et le P. Maure qui débuta, pour ainsi parler, par un avent à la cour en 1700 ?.

Deux nouveaux orateurs, écrivait-il, sortis d’une même province, élevés dans la même congrégation, illustres par des talents différents,

1. Le Théophraste moderne est annoncé, chez Brunet, au Mercure d'octobre 1699, p. 263.

2. Sur Massillon et le P. Maure, son rival, il faut lire, outre la correspondance de Vuillard avec Préfontaine (Sainte-Beuve, Port-Royal, t. xt, p. 606), la série des témoignages du temps. Par malheur elle est encore très dispersée: malgré les estimables travaux publiés sur cet orateur, et dont la plupart sont plus anciens que la publication d’un certain nombre de Mémoires, il reste vraiment à reconstituer une histoire de sa prédication. Voici, par exemple, les détails à relever dans les Mémoires de Sourches :

«25 décembre 1699.— Le %5, qui étoit le jour de Noël, le P. Massillonfit un admirable sermon devant le Roi, qu'il termina par une prière pour sa Majesté, au lieu du compliment que les autres prédicateurs avoient accoutumé de lui faire. » (Sourches, t. vi, p. 214).

«27 mars 1701. — Le jour de Pâques, qui étoit le 27, le Roi assista à tous les exercices de piété, suivant sa louable coutume, et entre autres, il entendit le dernier sermon du P. Massillon, qui fut beau; mais on admira surtout la beauté de son compliment *. »:

«Il ne laissa pas d'avoir des censeurs. » (Sourches, t, vu, p. 38).

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