‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 373 sur 475 · BOURDALOUE AUDITEUR DES AVOCATS EN RENOM · texte numérisé non relu

BOURDALOUE AUDITEUR DES AVOCATS EN RENOM

s'emparent des suffrages qui semblent n'être dûs qu’à Bourdaloue : ils entrent en vogue dès le premier jour qu’ils montent en chaire, Un Avent fait la réputation de l’un ; un carême place l’autre au-dessus de tous les hommes éloquents 1.

Je ne vous dis rien, écrivait de Villiers dans sa critique anonyme, du P. Bourdaloue, connu même de ceux qui ne connaissent pas la religion qu'il prêche…

Cette place exceptionnelle accordée à son ancien confrère ne l’empêche pas de rendre justice à Massillon :

Il y auroit beaucoup à vous dire du P. Massillon, prêtre de l’Oratoire. Quelques éloges qu’on lui donne il les mérite,

Mais des détails plus piquants sont à tirer de cet écrit ; ceux qui nous montrent Bourdaloue peut-être, ainsi que Massillon et Maure, assistant à des plaidoiries d'avocats en renom, ceux surtout qui confirment tout ce que nous savons de l’industrie des copistes :

La curiosité porte les prédicateurs aux audiences. Elle m'y a porté comme eux, Monsieur ; j'en y ai vu de très célèbres ; et quand je vous nommerai le P. B....., et les P. M... et M....., vous n’en douterez point. Je ne sais s’ils méprisoient les avocats qu’ils venoient entendre; mais je sais que les avocats s’honoraient de les avoir eus pour auditeurs (P. 323.)

Si tous les orateurs apportoient dans la chaire des discours de leur invention, Scribonius le copiste ne se fût jamais enrichi à ce métier... Il commençoit à ne plus tant valoir ; de nouveaux orateurs paraissent qui le releveront infailliblement ; chacun d’eux brigue leurs sermons ; les copistes et leurs clercs n’y peuvent suffire ; on veut du Massillon et du P. Maure.

Apparemment la vogue nouvelle favorisait ce métier lucrauüf, et les transcriptions de Bourdaloue, répandues d’ailleurs durant plus d’un quart du dernier siècle, devaient avoir été en ces derniers temps moins « demandées. » Massillon et Maure, devenus à la mode, réveillaient l’activité du marché des sermons. A leur tour on allait les prêcher.

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