‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 402 sur 475 · M DE TOISY D'APRÈS SAINT=-SIMON · texte numérisé non relu

M DE TOISY D'APRÈS SAINT=-SIMON

livres à la Maison professe et six mille à la Mission du

Canada.

Ces amples détails reçoivent encore leur commentaire du savant éditeur de Saint-Simon, car celui-ci dans les Mémoires, a rencontré le nom de cette riche veuve :

Deux jours après (le mariage de Mie de Chevreuse avec le marquis de Lévis, c’est-à-dire le 29 janvier 1698) le comte d’Estrées épousa Mie d'A yen. Une vieille bourgeoise qui s'appeloit Mile de Toisy, riche et sans enfants, qui voyoit bonne compagnie et fort au dessus d'elle, amie du cardinal d’Estrées, et fort ménagée par Mme de Noailles, donna une grande partie de la médiocre dot, et le cardinal d’Estrées, qui voyoit la faveur des Noailles, et qui en espéroit tout, acheva de sa bourse d’aplanir l'affaire... 1,

1. T. v, p. ?8. L'annotation de M. A. de Boislisle complète cette information : « On lit plutôt Tuisy que Toisy, ici comme dans les additions à Dangeau. Saint-Simon écrit Mile et non Mme, parce que l'usage était encore au XVII*siècle, surtout dans la première moitié, de ne donner que le titre de demoiselle aux femmes de la haute bourgeoisie. — Jeanne Jappin, fille d'Etienne Jappin, seigneur de Farqueville près Estampes, trésorier de l'artillerie et secrétaire du roi, mort contrôleur général des poudres en 1650, avait épousé, le 31 mai 1644 (Journal d'Olivier d'Ormesson, t. 1, p. 173 et 188), François Chaillou de Toisy, maitre des comptes de 1635 à 1650. Devenue veuve de très bonne heure, elle mourut le 23 mars 1703, âgée de soixantetreize ans. L’articie nécrologique du Mercure nomme parmi les... habitués de sa maison l'évêque de Langres (Simiane), Mlle de Gesvres, Mme d'Epernon, Mmes de Martel et de Pringy, et même M. le Prince. — La note 6 de ce même passage de Saint-Simon donne, d’après le chansonnier Maurepas, une sorte de chronique galante de cette personne que Coulanges appelait la « delicate Mme de Toisy » (la Marquise d'Huxelles par le comte Ed. de Barthelemy, p. 182) et dont, selon Bussy, « le père n'était qu'un bourgeois de Verdun.» (Correspondance de Bussy-Rabutin, t. 1V, p. 276.) On y parle d'une liaison avec l'évêque de Langres, Barbier de la Rivière, qui serait la source de la richesse de Mme de Toisy. D'après le chansonnier (ms. fr. 12692, p. 160, 191, 249 et 251), elle prenait le titre de marquise pour attirer chez elles ducs et duchesses qu'elle retenoit en leur prêtant de l'argent: On avait cru, en 1679, qu'elle se remarierait avec le duc d’'Estrées.»

Sur la prière du duc de Noailles, Monsieur le Prince avoit prêté à Mme de Toisy un appartement dans l'hôtel de Guise. Lorsqu'elle mourut en 1703, faisant la duchesse de Noaiïilles sa légataire universelle. (Journal de Dangeau, t. 1x, p. 150-152, avec une longue note de Saint-Simon ; comparez une autre addition mal placée au t. xvir, p. 5, et la suite des Mémoires, t. 11, p. 401-402). « M. de Lamoignon, qu'elle avoit fait son exécuteur testameniaire, ne put empêcher qu'on ne fit force épigrammes sur elle.» (Le Mercure même, (mars, p. 322-331) publia un article piquant, que les éditeurs de Dangeau ont reproduit en regard de l'addition de Saint-Simon, t. 1x, p. 151-152). Une des Additions de Saint-Simon porte la date du 23 mars 1703.

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