‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 404 sur 475 · LES BÉNÉDICTINES ADORATRICES A CHARENTON · texte numérisé non relu

LES BÉNÉDICTINES ADORATRICES A CHARENTON

du sermon prèché le 6 de ce mois par le P. de la Motte, barnabite !, l’histoire de la fondation nouvelle. Le désir étant venu à une personne pieuse qu’il ne nomme pas, de faire habiter par une communauté religieuse adonnée à l’adoration du Saint-Sacrement un endroit où s'étaient produites tant de négations de la présence réelle et où avaient été proférés tant de blasphèmes contre l’Eucharistie, le cardinal de Noailles, ravi de son projet, songea à mander dans son diocèse une communauté de bénédicunes du Val-d’Osne, qu’il avait connue étant évêque de Châlons ?, «Il y eut, dit Lebeuf, dans son Aistoire de Paris, des lettres-patentes expédiées en 1701 (registrées en parlement le 17 juin) pour transférer ces religieuses du lieu dit le Val-d’Osne situé à deux lieues de Joinville vers le nord, entre les villages d’Osne et d’Aubigny *... »

1. Le P. de la Motte ou La Mothe était le propre frère de Mme Guyon, celui qu'elle accuse d'avoir ourdi contre le P. La Combe, soit avec le provincial des Barnabites, soit avec l'archevêque de Paris une foule de trames assez obscures. Elle à fait de lui un portrait bien noir, et le panégyriste de Mme Guyon prend au sérieux ces peintures : « Le P. de la Motte, dit-il, se mêlait aussi de prêcher. Il s'exerçait dans le genre ennuyeux, et débitait des sermons secs et ternes, d'un ton désagréable, avec un air béat. 11 n’en était pas moins arrivé par le crédit de ses amis, aux premières chaires de la capitale; mais personne n'allait l'entendre, sauf ses pénitents, qui voulaient lui plaire, et quelques dévotes, à qui tout est bon... » (Guerrier, Madame Guyon, p. 116.) L'auteur emprunte aux Mémoires de Legendre les caractères de cette éloquence déplaisante. A ses yeux, le P. La Combe est le persécuteur intéressé, cupide et jaloux que nous présente Me Guyon: «Il était directeur de l'archevèque, il était confesseur de l'Oflicial, il était provincial (?) des Barnabites : et les Barnabites n'aimaient pas le P. La Combe à cause de sa réputation d'orateur» Guerrier, ibid., p. 149. C'est un jugement simple et sommaire, trop commode, car l'histoire a plus de complexité. Aussi je préfère les distinctions et les réserves qu'a exprimées M. Crouslé. Fénelon et Bossuet, 1. IV, Ch. 11, p. 441, et note 48 et suiv., p. 478.

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