‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 406 sur 475 · BÉNÉDICTION SOLENNELLE DE LEUR ÉGLISE · texte numérisé non relu

BÉNÉDICTION SOLENNELLE DE LEUR ÉGLISE

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Le Mercure indique le texte du sermon prèché le 6 mai 1701 par le P. de la Motte, sur ces paroles d’Isaïe (xxxv, 1): Laetabitur deserta et invia et florebit solitudo, et la date du 13 août est assignée par Lebeuf comme celle de la pose de la première pierre de l’église à laquelle présida lui-même le cardinal !, Moins de deux ans après il venait bénir et inaugurer solennellement, en y célébrant la messe, le mardi de la Pentecôte, 29 mai 1703, l'édifice achevé et livré au culte. C’est le cas de laisser la parole au Mercure, non pour citer avec lui le compliment adressé

petite lanterne sans cloche surmontée par un globe... Ce Temple pouvoit contenir quatorze mille personnes dans les endroits seulement garnis de menuiserie... Les Protestans tinrent eu ce Temple de Charenton leurs Synodes nationaux de 1623, 1631 et 1644. Sur la fin du mois d'Août 1671, quelques Catholiques voulurent la nuit mettre le feu à ce Temple, et y firent d’autres insultes. Les religionnaires en portèrent leurs plaintes au Parlement le fer Septembre par la bouche du Lieutenant de Police. Il y eut ordre d'informer. Mais l’édit de Nantes ayant été révoqué en 1685, on commença à abattre ce Temple le Mardi 23 Octobre 1686, et en cinq jours tout fut détruit, et les matériaux appliqués au profit de l'Hôpital Général. » Lebeuf, t. 11, p. 376 et 377, invoquant Félibien, le Mercure de février 1666 (?) et les registres du Parlement. La Gazette de France du 31 octobre relate la démolition du temple de Charenton, comme commencée le 22? et achevée le 26 (p. 651.) Lebeuf ne se demande pas comment l'information ordonnée après les faits de 1671 ne fut suivie d'aucun effet et il semble la regarder comme terminée tout naturellement par l'exécution du 73 octobre 1686. Il est plus complet sur ce qui suivit la destruction du temple et mène l'histoire de son emplacement jusqu à l’année qui nous occupe. « La place où avoit été ce temple, écrit-il, resta inhabitée pendant près de quinze ans. D'abord le terrain en fut donné aux nouvelles Catholiques de la rue Sainte-Anne à Paris, qui en firent leur maison de campagne. Ensuite la pensée vint à quelques personnes d'établir sur ces ruines un Couvent où l'on pratiqueroit l’adoration perpétuelle du Saint Sacrement, en expiation de ce qui avoit été prêché en ce lieu pendant tant d'années contre la foi de la présence réelle du Corps de Notre Seigneur dans l'Eucharistie. M. le Cardinal de Noailles, Archevèque de Paris, ne trouvant point de Religieuses dans son Diocèse qui voulussent y venir demeurer, se souvint qu'étant évêque de Chaalons, il avoit remarqué une Communauté de Bénédictines, membre de Molème, exposée à de fréquents pillages. De concert avec son frère, Evèque de Chaalons, il jetta les yeux sur cette Communauté pour la faire venir à Charenton...»

1. Ibid., p. 378: «M. le Cardinal de Noailles mit le 13 août 1701, la première pierre à la nouvelle Eglise que le Roy bâtissoit, et avant deux ans revolus il en fic la bénédiction le Mardi de la Pentecôte, 29 mai 1703. On y entre par beaucoup de degrés. Mme de Chauviré fut la Privure qui y vint du Val-d Osne avec une partie de sa Communauté...»

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