LA CÉRÉMONIE DU 29 MAI
à l’archevêque par le P. de la Motte, supérieur de la nouvelle installation !, mais du moins pour rapporter l'analyse, trop courte à notre gré, qu’on y fait du sermon prêché par Bourdaloue. C’est en tout cas un discours de notre orateur, qui n’avait guère été, que je sache, signalé jusqu'ici, et il convient de n’en laisser rien perdre.
Je vous ay dit aussi, écrit Donneau de Visé dans sa lettre de mai 1703, que Mr le Cardinal de Noailles, Archevesque de Paris, ayant choisy les saintes filles de ce Prieuré (de Valdosne) pour l'exécution de ce pieux exercice, elles lé commencèrent peu de temps après leur arrivée dans ce lieu, dans une petite chapelle qu'elles se firent dans un Corps de logis en attendant la construction de leur Eglise. Elle vient d’estre achevée, & comme elle s’est trouvée en estat d’estre bénite au mois de May, Son Eminence a voulu en faire elle mesme la cérémonie, ce qui fut exécuté le Mardy d'aprés la Pentecôte, S. E. s’y rendit le matin, sa modestie luy fit ordonner qu'on retranchât l'appareil de la reception que la Prieure se proposoit de luy faire, ainsi elle se presenta simplement avec toutes ses Religieuses à son Eminence ?...
1. Après avoir dit que la Prieure se présenta devant le cardinal, le Mercure cite au long le compliment que fit à Son Eminence le P. de la Motte et dont le texte lui avait probablement été oflicieusement communiqué. Il est presque à regretter que conformément à ses habitudes, Bourdaloue ait contraint le nouvellisle d'alors à se contenter pour son sermon, d'une simple analyse. Fléchier ne nous aurait pas privé àce point:
« Le Reverend Pere de la Motte, Superieur des Religieux Barnabites de Paris luy fit le discours suivant en qualité de Supérieur de ce nouvel établissement,
Monseigneur,
Former un Paradis en terre, le peupler de Saints Adorateurs, faire de l'Univers un Temple où Dieu habite, & où les Anges & les hommes luy rendent de perpétuels hommages, ce fut des prodiges qu'admira le monde
naissant... » — Par une phrase balancée de même sorte nous passons à la chute de l'homme et ....au déluge, L'application est faite à l'archevêque et au roi, qui l'hérésie étant détruite, « nous ramènent l’âge naissant du monde. » — Si l’on juge de l'éloquence du frère de Madame Guyon, sur
les deux citations qu'en donne le Mercure, au 6 mai 1701 et ici, qui sont, il est vrai, du genre académique et assez froids d’allure, il semble qu'elle ait été plutôt d’un ton précieux. Ses phrases ressemblent plus au style de Fléchier qu'à celui de Bourdaloue. (V. Mercure galant, mai, 1703, pp. 141-145.)
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