‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 409 sur 475 · LA PRINCESSE DE LILLEBONNE · texte numérisé non relu

LA PRINCESSE DE LILLEBONNE

être la princesse de Laillebonne, car voici comment Donneau de Visé termine son compte rendu :

Madame la Princesse de Lislebonne qui fait éclater sa Piété émineunte dans toutes les occasions où il s’agit de procurer la gloire de Dieu a pris tant d’affection pour cette maison qu'elle s’y est fait accommoder un petit appartement où elle va regulierement toutes les Festes & Dimanches joindre ses adorations à celles de ces saintes Filles qui sont édifiées de la pieté exemplaire de cette grande princesse & qui ressentent journellement les effets de sa protection. Elle se trouva à la ceremonie & communia à la Messe avec les Religieuses. Cette solennité qui attira un grand concours de monde de Paris finit par la Benediction du tres saint Sacrement. Cet etablissement sera le plus glorieux trophée des Conquestes de nostre incomparable Monarque qui a esté donné de Dieu pour ecraser la teste du serpent de l’Heresie.

Cette réflexion finale du nouvelliste, avec l’allusion obligée aûü prénom du Roi Louis-Dieudonné, et au «triomphe » de la révocation de l’édit de Nantes qui, on le voit, ne cessait pas, même après 1700, d’être célébré dans les gazettes et dans les ouvrages de quiconque écrivait sur «le Roy », est un des nombreux témoignages qui nous éclairent sur le ton et les mœurs littéraires de l'époque ‘. Les morceaux oratoires du temps sont de même genre et 1l faut espérer que parmi les nombreux spectateurs aturés à cette cérémonie, quelque copiste aura recueilli le discours de Bourdaloue. Si on le rencontre Jamais dans quelque poudreux manuscrit, ce ne serait pas le moins curieux spécimen des sermons qui alüirèrent jusqu’au bout un nombreux auditoire. Le discours fut prononcé devant le cardinal de Paris et la princesse de Lillebonne. Est-il téméraire de conjecturer que celle-ci fut pour beaucoup dans le choix du prédicateur ? La maison de Lorraine à laquelle appartenait la princesse de Lillebonne, avait plus d’une fois appelé Bourdaloue à prononcer

1. Cf. sur le sens et le but de ces compliments officiels, comme sur le ton obligé des éloges, la note e du livre 1v.

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