SERMON DE BOURDALOUE
Le Mercure raconte au long la cérémonie de la bénédiction de l’église, et il ajoute :
La Prieure & les Religieuses étant ensuite venues dans leur Chœur, on prepara l’Autel où son Eminence..… célébra la sainte Messe... 1l y exposa le Saint Sacrement 1 & l’apres midy le Reverend Pere Bourdalouë, Jesuite, y fit une Predication dans laquelle il fit voir {a gloire du Roy dans celle que la Benediction de ses armes procurott a Dieu, en le faisant adorer a perpetuité, dans un lieu qut estoit auparavant le centre de l’'heresie dont Dieu luy avoit reservé l'entiere destruction. Il temoigna la consolation sensible qu'il avoit de prêcher les veritez de l'Evangile dans ce lieu où elles avoient esté si souvent prophanées, & il s’etendit sur le digne choix que son Eminence avoit fait de ces saintes filles pour remplir les obligations de cette Adoration perpetuelle à laquelle elles sont toujours plus animées par lexemple de Madame de Chauviré, leur Prieure, illustre par sa naissance, & plus illustre par le merite, que la ferveur de son zele à la pratique de toutes sortes de vertus luy ont acquis.
On peut se demander si le Mercure, qui n’a souligné d’ailleurs que le passage mis plus haut en italique, parle ici en son propre nom et adresse lui-même son compliment à la Prieure, ou s’il résume seulement celui que dut certainement prononcer l’orateur amené à faire l'éloge du choix de son Eminence. Peut-être M"° de Chauviré, la prieure venue de Val d’Osne avec toutes ses religieuses, avait-elle invité Bourdaloue. Plus volontiers je croirais que l'invitation venait de la protectrice et fondatrice peut-être de cette nouvelle maison religieuse. Lebeuf nous apprend que « dès le mois d’octobre 1700, une Dame de piété donna... 6000 livres par les mains du P. de la Motte Barnabite. ? » Cette bienfaitrice anonyme pourrait bien
1. « Quoiqu'il n'y’'ait pas exposition perpétuelle du Saint Sacrement à découvert en cette Eglise, mais seulement les Jeudis et dans quelques grandes Fêtes, cependant, il y a toujours une Religieuse en adoration devant l’autel où le Corps de Jésus-Christ est conservé dans le ciboire. » Jebeuf lc D. 918.