UN SERMON AU BOIS DE BOULOGNE LY
durant cette station et au risque de faire « des marmousets! », essayé d’imiter les portraits de Bourdaloue?. Dimanche 14 mai. — Le (petit sermon (inédit) prononcé au pied de la Croix du Bois de Boulogne », trouvé dans le ms. F., et que j'ai récemment publié#, semble un spécimen de quasi improvisation. Sans doute on l’aura demandé à Bourdaloue, dont la voix très forte et très étendue ne devait point redouter une prédication en plein air. Ce serait à la première « station » d’un pèlerinage de congrégation ou de paroisse au Mont-Valérien #, que ce petit discours aurait été donné. Les rapprochements que j’ai indiqués entre le le texte de cet inédit et les passages parallèles de l'édition officielle, me permettent de tenir pour l'authenticité sûre de ces quelques pages. Sauf la date qui nous est garantie par le manuscrit, on ne peut guère avancer que des
1. Se rappeler ce qu'on lit dans le Menagiana 1re éd. 1693. « Mme de Termes disoit que ceux qui vouloient imiter Bourdaloue ne faisoient que des Marmousets. » (R.)
2. Parmi les orateurs de ce carême, outre Mascaron (sixième et dernier carème à la cour, Cf. note h du L. 1, p. 619), qui remonte en chaire aussitôt après l'avent devant le roi, ce qui économisait un voyage à Agen, il faut noter Gaillard, à Notre-Dame, Fléchier, aux Nouvelles catholiques, pour un sermon au 4e vendredi du carême, Faydit, à Saint-Landry et Anselme, au Carmel du faubourg Saint-Jacques.
3. Sermons inédils, pp. 331-339. Je me permets de renvoyer à l'introduction mise en tète du sermon, pour me borner ici à quelques détails sur le pèlerinage du Mont-Valérien. Cf. D2 munere pastorali Bossuet, p. 246. À part les renseignements sur cette dévotion à la croix, gracieusement communiqués par M. l'abbé Urbain, et par le savant bibliothécaire de Saint-Sulpice, M. Levesque, je ne puis guère poser ici que des points d'interrogation sur ce curieux « sermon en plein air. »
4. Sur le calvaire du Mont-Valérien, l'institution des Prêtres du Calvaire, celle des ermites, ete. V. Picot, Essai historique sur... le X VIT siècle, t.1, p. 260., t. 11, p. 77. On y voit qu'après la mort d’'Hubert Charpentier, 10 décembre 1650, le supérieur des Prêtres du Calvaire fut « son ami », Pierre Loysel, curé de Saint-Jean-en-Grève. (Cf. plus haut, p. 34, note ?). A l'occasion de démêlés regrettables," « l'autorité ecclésiastique intervint ». On unit ensemble les prêtres de Bétharam et ceux du Mont-Valérien, et les curés de Paris s'affilièrent à la congrégation, 1666. C'est depuis ce temps qu'il est d'usage que Les paroisses de la capilale aillent en pèlerinage au calvaire du Mont-Valérien, dans l'oclave des féles de la sainte Croix.»
* Cf. Le Calvaire profané, ete., 1679 (Barbier d'Aucour). V. Viollet le Duc, Catalogue de la Bibliothèque poétique. Paris, Hachette, 1843, p. 609.