‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 42 sur 475 · LE CALVAIRE DU MONT-VALÉRIEN · texte numérisé non relu

LE CALVAIRE DU MONT-VALÉRIEN

conjectures, sur l’occasion de ce sermon, prêché peu de temps après l’Invention de la Sainte-Croix, 35 mai.

L’accroissement de dévotion au calvaire du Mont- Valérien, datait de 1633, depuis Hubert Charpentier, prêtre de Coulommiers en Brie, au diocèse de Meaux, le même qui avait rétabli Bétharam et Garaison”.

La dénomination commune de Montagne des trois Croix, ou de Calvaire, donné au Mont-Valérien, et l’expression de notre manuscrit, disant explicitement « croix du bois de Boulogne, » portent à juger qu'il s’agit ici de la croix Catelan ?. Ce serait au pied de ce calvaire du bois de Boulogne que l’allocution de Bourdaloue aurait été prononcée, devant un groupe de fidèles en pèlerinage, faisant là une première halte. Avant l’époque des abus qui obligèrent l’archevêque de Paris d'interdire,

1. Histoire du Mont-Valérien dit le Mont de Calvaire près Paris. Paris, 1658, in-12. «La dévotion à la Croix sur le mont Valérien était fort ancienne, même avant l'établissement de la congrégation qui y est à présent (celle de Hubert Charpentier) » (p.108).«Les contrats de 1634 portent que ce lieu s'appelait autrefois la montagne des trois croix. » (p. 109) (Communication de M. l’abbé Urbain). L'article intitulé: Le dernier ermite du Mont-Valérien, Claude-Constant Rougane (Revue des Questions historiques, 1° oct. 1900, p. 564, et suiv.), qui n'a pas à s'occuper de notre époque, cite seulement Mercier, Tableau de Paris, t. Vu, p. 110: « Le calvaire ou Mont-Valérien, petite montagne à deux lieues de Paris, habitée par des ermites qui sont en possession de ce lieu depuis quatre ou cinq siècles. C’est pendant la semaine sainte et aux fêtes de la croix un concours étonnant de peuple et de bourgeois de Paris, qui y viennent admirer les chapelles et le grand crucifix où Jésus-Christ est mis en croix entre le bon et le mauvais larron. On s'y rendait en foule de Paris, surtout les lundis et vendredis saints. »

Piganiol de la Force, après avoir décrit la maison des Prêtres du Calvaire et l'éghise, ajoute: « Trois grandes croix ornent le devant de la terrasse. On voit des deux côtés en descendant la montagne plusieurs chapelles dans lesquelles on a représenté par des figures de grandeur naturelle, les différentes circonstances de la Passion de Notre-Seigneur. Leurs attitudes font un bel effet & inspirent beaucoup de dévotion pour ces saints Mystères. Il y a deux de ces Chapelles sur chaque terrasse, l’une à droite & l’autre à gauche. Elles ont été construites aux dépens de quelques personnes de piété parmi lesquelles on compte S. A. S. Madame la Princesse de Condé Douairière... » T. 11, pp. 265-266.

?, En mémoire de Arnauld de Catelan, messager de la comtesse de Provence, assassiné en cet endroit Cf. Alphand, dans la Grande Ency-

clopédie, t. VII, p. 686, au mot Bois de Boulogne.— V. Sermons inédits, pros, notes

Page 1