‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 46 sur 475 · BOURDALOUE AU LIT DE MORT D'ANDRÉ D'ORMESSON · texte numérisé non relu

BOURDALOUE AU LIT DE MORT D'ANDRÉ D'ORMESSON

mieux encore d'obtenir du moins quelque détail sur cette cérémonie et ce sermon du Bois de Boulogne, dont nous n'avons en somme que la date.

Avant le 43 août de cette année nous retrouvons Bourdaloue dans son ministère charitable de l'assistance des mourants. C’est près du lit d'André Le Fèvre d'Ormesson!, dont la mort est annoncée ainsi dans le Mercure qalant :

Messire André le Févre d'Ormesson, Maistre des Requestes & Intendant de justice à Lyon, mort le 13 de ce mois. Il avoit esté conseiller au Grand Conseil, & auparavant Avocat du Roy au Chastelet, & s’estoit acquis beaucoup d’estime dans tous ses Emplois par sa vertu & par sa probité qui est héréditaire dans sa Famille... (Suit l’éloge de toute la Maison des d’Ormesson et les différentes branches, avec l'indication de leurs armes d'azur à trois Lys de Jardin d'argent.)

Ce qui vaut mieux, mais n’est pas au Mercure, c’est l’'émouvant récit de cette mort par le vieux maitre des requêtes honoraires, racontant dans son Journal la mort édifiante de son fils. Ce n’est point proprement un inédit, car on rencontre ces belles pages dans Pintroduction au Journal de d’Ormesson édité par Chéruel. Elles avaient semblé sans doute si touchantes à Gaignières que celui-ci les avait détachées sous ce ütre : Sentiments d'un père sur la mort de son fils. C’est de ce manuscrit du fonds Gaignières que j'extrais les passages qui appartiennent au ministère de Bourdaloue *.

Mon tils ne croioit pas que ce sacrifice (de tous les biens du monde) fust grand, au contraire il se faisoit une obligation de remercier Dieu de cequ’il vouloit le priuer de tous ses biens par sa mort comme d’une tres grand grace, Et ce fut dans ce sentiment qu'il dit en ma presence au P, Bourdaloüe qui luy parloïit de toutes les graces qu'il auoit receües de Dieu, ces paroles que je n’oublieray Jamais. Vous ne dites pas, mon Père, la plus grande, qui est celle de ma mort, car

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