L'ASSEMBLÉE DU CLERGÉ
par une série de mesures restrictives !, avait été l’objet d’une harangue au roi le 21 juillet. C’était le coadjuteur de Rouen, le même dont Bourdaloue était allé entendre au 24 juin 1678 le début oratoire ?, qui portait la parole.
On dit que son discours avait été fait par Racine, et de fait on le peut lire dans les œuvres de celui-ci *.
Le dernier éditeur a relevé une grave erreur de l’édition de 1807, répétée par M. Aimé Martin, prétendant que le principal objet de son discours était de remercier Louis XIV de l’édit du 22 octobre 1685, portant révocation de celui de Nantes. Aimé Martin avait fait des réflexions sur « cette action déplorable du plus grand poète de la France », aimant mieux croire à une erreur de Louis Racine. « ['eût été assez simple, avant de s’émouvoir ainsi, dit fort justement M. Paul Mesnard, d’abord de lire avec quelque attention le discours, où dominent les sentiments les plus honorables de tolérance, qui paraissent d’ailleurs avoir toujours été ceux de l'abbé Colbert... » N'oublions pas non plus que l’orateur du clergé en cette réception solennelle du samedi 21 juillet, où le roi donnait audience aux membres de l’assemblée de Saint-Germain, parlait au nom des « archevesques, evesques et autres deputez de l’assemblée générale. » Il serait donc légitime de tenir compte de ce document, avec les précautions nécessaires en matière de harangues officielles, pour ne point dire que le clergé de France demandait la persécution. Racine qui prêtait sa plume à
1.11 en a été question plus haut, p. 582 et je cite quelques traits à l’année 1686, à propos des dragonnades, pour montrer quelle était la condition faite aux « missionnaires » non bottés, arrivant après les autres.