‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 54 sur 475 · BOURDALOUE ET LES PROTESTANTS · texte numérisé non relu

BOURDALOUE ET LES PROTESTANTS

les plus distingués en doctrine et en piété (sans oublier M. de Tréville qui venait de reparaître dans le monde) n’avait pas manqué de chercher Bourdaloue : « Je fus mené par un ‘évêque, dit-1l, aux Jésuites de la rue Saint-Antoine ; j'y vis le Père Bourdaloue estimé le plus grand prédicateur de son temps et l’ornement de son ordre. C'était un homme d’un caractère doux et de si peu d’emportement contre les protestants, qu'il croyait que les gens de bien parmi eux pouvaient être sauvés: je n'ai jamais rencontré ce degré de charité chrétienne chez aucun autre théologien catholique 1.

Je dois reconnaïtre pourtant que le P. Chérot rappelant, dans une note de Bourdaloue inconnu, ceite entrevue du ministre anglican avec notre prédicateur, assigne aussi l’année 1683 ?,

La révocation imminente de l’édit de Nantes, préparée

1. Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. 1x, p. 296. Sainte-Beuve, dans Port-Royal, t. v, p. 88, dit de Tréville: « Il se rengagea peu à peu dans le monde, vers 1633.... Burnet qui le vit alors dans un voyage qu'il fit à Paris.» A la p. 320, il répète la même date à propos de Saint-Amour, avec qui Burnet a aussi un entretien « dans son voyage en France en 1683 ». J'ignore si Burnet, dans sa relation de voyage, note exactement les dates. Mais s'il faut rapporter son passage en France à l'époque indiquée par ses biographes, ce ne doit être qu'après 1685. On lit dans Lingard, parlant de la mission de William Penn, près de Guillaume d'Orange (1687), traversée par l'influence de Burnet: « Ce conseiller était Burnet, l'historien, qui ayant profondément offensé le Roi et le duc, Sous le règne de Charles IT, avait demandé et obtenu la permission de voyager lors de l'avènement de Jacques. D'Italie, il était revenu en Hollande...» Trad. Pichot, 1831, t. XIV, p. 213. — On sait que Mme de Sévigné, esprit curieux, lisait, avec l'ouvrage de Sauders,le Schisme. en Angleterre, la réfutation malhonnête qu'en essaya Burnet dans son {listoire de la Réformation. La traduction en 2? vol. in-4 de cet ouvrage, par Rosemond, parut à Londres, en 1683, pour le tome 1, et 1685, pour le second. V. Sévigné, notice p. 164, lettres du 16 sept. 1676, t. v, p. 61, note 6: 4 octobre 1684, vir, p. 297, note 10 ; 26 nov. 1684, ibid. p.325.

2. Du passage, tel que je le vais citer d'après lui, peut-on déduire une date qui tranche le débat? Du moins le problème est à résoudre. Mais le témoignage de Burnet étant indépendant de sa date, recueillons-le au passage. On lit dans l'édition de 1833, 6 vol. ïin-8, t, 1, p.398. Bishop Burnel's History of his own time. Oxford, 1833: « Here [ saw P. Bourdalou, esteemed one of the greatest preachers of the age, and one of the honours of his order. He was a man of a sweet temper, not at all violent against protestants : on the contrary, he believed good'men among them might be saved, which was a pitch in charity that [ had neverobserved in any of the learned of that communion. »

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