PRÉPARATIFS DE LA RÉVOCGATION
cette déclaration du clergé, y fait entendre, comme l’a remarqué d'Alembert « des conseils de charité évangélique..….. une leçon importante et chrétienne » donnée au roi, «une leçon vraiment digne du ministre d’un Dieu de paix. » Il en faut citer le passage qui commente certains des éloges de Bourdaloue, félicitant le roi de la conclusion du traité de Nimègue, bien que le panégyriste oublie que, sous prétexte de la non-exécution de ce traité, le roi avait repris les armes dès novembre 1683. « Il semble, dit l’orateur du clergé, que vous n’ayez combattu et triomphé que pour Dieu, et le fruit que vous retirez de la paix nous fait assez connoître quel étoit le principal but de vos victoires... Si c’eût été la seule ambition qui vous eût armé, Jusqu'où n’auriez-vous point étendu votre empire? Vous vous êtes hâté de finir la guerre, lorsque vous en pouviez tirer de plus grands avantages. Ne sait-on pas que ce n’a été que par l’empressement que vous aviez de donner tous vos soins aux progrès de la religion? La conversion de tant d’âmes engagées dans l’erreur vous a paru la plus belle de toutes les conquêtes et le triomphe le plus digne d’un roi très chrétien... »
Il est peut-être plus poétique que conforme à lPhistoire de parler, comme le fait plus loin Colbert, « du chemin semé de fleurs ouvert par le roi aux hérétiques », mais on ne peut qu'applaudir aux déclarations qui déplorant les répressions violentes, prônent comme unique moyen de combattre l’hérésie, « la douceur et la sagesse du gouvernement !. »
1. Racine, t. v,p 361 et 362. — Il faudrait relever dans le même discours des allusions à la déclaration du mois d'août 1679 (p.361, v. plus haut, p.504.) Peut-être avons-nous à noter, — bien que les grandes assemblées soient de tous les cinq ans seulement, les députés des petites assemblées étaient reçus chaque année — que les allusions se produisent bien longtemps après les évènements. Pour louer le roi, on reprenait volontiers l’histoire même un peu ancienne ; c'est donc une raison d'être prudents dans la date à déduire de certains décrets ou faits rappelés dans les discours. Il ne faut pas se trop presser de conclure que, l'orateur les mentionnant, ils