BOURDALOUE AUDITEUR DE BOSSUET
9 août. — Une lettre du P. du Rosel nous montre Bourdaloue auditeur de Bossuet, à l’oraison funèbre de la princesse palatine, au couvent des Carmélites du faubourg Saint-Jacques.
I n'y a qu'une heure que le service de feu madame la Princesse Palatine est fini. LL. AA. SS. Mgr le Duc et Mgr le duc de Bourbon y étoient au dehors, et madame la Duchesse, madame la duchesse d’Hanovre et mademoiselle de Bourbon au dedans. La cérémonie s’est fort bien passée dans toutes ses parties. La parure de l'église et la représentation étoient fort propres : il y paroissoit beaucoup de grandeur et point d'affectation. L’oraison funèbre a été touchante, parsemée de beaux endroits, et prononcée avec beaucoup de zèle. Il n’a pas caché les défauts de la personne dont il faisoit l'éloge, mais il a fait voir aussi s2 bonnes qualités, et particulièrement sa piété. Je suis sûr qu'il a bien renouvelé la douleur de S. A. S. madame la Duchesse. Il s’y est trouvé un grand nombre de jésuites. Nos supérieurs, les PP. De Champs, Jourdan, Bourdaloüe et plusieurs autres y étoient. Il n'a point fait d'autre division que celle de sa vie mondaine et chrétienne. Il a pris pour texte un passage d’un prophète par la bouche duquel Dieu dit: « Je l'ai attirée à moi des extrémités du monde, et je ne l'ai point abandonnée. » Tout s’est passé avec beaucoup d'ordre et je n’y ai rien vu de déréglé que la voix et le chant de M. de Tournay{. S. A. S. Madame la Duchesse est demeurée à diner avec les Carmélites. Mgr le Duc de Bourbon retourne ce soir à Versailles et nous le suivrons,
À Paris, jeudy 9 aoust, à 3 h. apres midy ?.
doivent être de date récente. Voici ces allusions précédées d’un éloge sur les mesures réitérées contre les blasphémateurs :
Ne pensons plus à ces jours de ténèbres, où la plupart de ceux qui étoient encore dans le sein de l'Eglise sembloient n’y être demeurés que pour l’outrager de plus près, ou les blasphèmes et les railleries de ce qu'il y avoit de plus saint éclatoient avec audace : ces monstres d'infidélité ont disparu sous votre règne heureux : et si les remontrances tant
de fois réitérées sur ce sujet, ne nous donnoient connoissance de ce désordre, nous l’ignorerions à jamais.
Qu'est devenu cet autre monstre produit par l'esprit de vengeance toujours altéré du Sang des hommes, mais plus encore de celui de la noblesse françoise ? Nous n'avons qu'à le laisser dans l'oubli éternel, où depuis tant de lemps, vous l'avez enseveli.