‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 95 sur 475 · ATTITUDE DE BOURDALOUE DEVANT LES PROTESTANTS · texte numérisé non relu

ATTITUDE DE BOURDALOUE DEVANT LES PROTESTANTS

La remarque de détail sur l'expression « église prétendue réformée » peu exacte du reste !, ne prouverait pas assez peut-être; car cette manière de dire, pour avoir été celle des édits et des conversations courantes, a pu être évitée dans les sermons par bien des prédicateurs plus contentieux que Bourdaloue. D'autre part, la trouver sous la plume où dans la bouche d’un prêtre ne suffit pas à indiquer en lui une passion de controverse ; un catholique pouvait et peut encore protester par ce langage contre l'exactitude et le monopole de ce nom de Réforme, sans manifester de haine « théologique » contre ceux qui s’en paraient. Il est plus légitime de mettre en relief la justice que sut rendre à ses adversaires notre orateur proposant en modèle aux auditeurs catholiques la charité des protestants. Feugère lui aussi note ces détails dont il tire bon part pour peindre l’atüitude de Bourdaloue vis-à-vis du protestantisme ?.

Mais les passages où Bourdaloue oppose les qualités des protestants aux torts qu'il veut combattre dans ses auditeurs, ne nous peuvent guère renseigner sur la mission de Montpellier, si tant est qu'ils s’y rapportent. L’£xhortation

sur la charité envers les nouveaux catholiques de laquelle

est tré l’un des plus saillants *, a été certainement prononcée à Paris *. Quant à l’/nstraction sur l'humilité de la

IN plus bas, p. 6371,

2. Feugère, p. 201. « Ajoutons, écrit-il, que Bourdaloue n’est point de ces apologistes excessifs qui ne voient dans leurs adversaires que crimes et qu'iniquités, et qui leur refusent le droit de n'être point des scélérats. Bien loin de méconnaitre que beaucoup d'hérétiques méritent le nom d'honnêtes gens, il exalte quelquefois leur vertu pour faire honte aux catholiques de n’en point montrer autant...» Rappelons aussi le témoignage de Burnet en 1685. Cf. plus haut, p. 591.

3. T. xn, p. 111. « En effet la pauvreté, parmi nos heretiques, n'estoit ni negligée ni delaissée. Il y avoit entre eux, non seulement de la charité, mais de la police & de la religion dans la pratique de la charité... Soyons de bonne foy, & ne leur refusons point la justice qui leur est düë... » Cf. plus haut, p. 604.

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