‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 96 sur 475 · THÈSE JUSTE MAIS ARGUMENTS INEXACTS DE FEUGÈRE · texte numérisé non relu

THÈSE JUSTE MAIS ARGUMENTS INEXACTS DE FEUGÈRE

1686 foy qui est une lettre écrite à une personne « qui avoit de la peine à se soumettre aux décisions de l'Eglise », les phrases qu’on en tire comme preuve que Bourdaloue rend Justice aux hérétiques, sont singulièrement infirmées par le contexte et par la thèse générale développée dans cette lettre ; l’objet de l’auteur est en effet de montrer par l'exemple d’hérétiques dont il fait un portrait fidèle et peu flatté, les dangers d’une insuffisante soumission d'esprit en matière de foi. Toutes les concessions que l’on cite, en les détachant : « Ils ont eû l’érudition et la science; ils ont eù la finesse. ils ont esté charitables.… etc. », sont reprises ensuite, et la rigueur du blâme empêche de citer ce passage comme un de ceux où Bourdaloue rend hommage aux qualités de ceux qu’il combat :

Avec toute leur science, dit-il, ils se sont évanoüis dans leurs pensées. Leur pénétration & leur finesse d'esprit n’a servi qu'à les rendre plus artificieux.. Leur morale severe (n’a esté) qu'apparence fastueuse, & leur sainteté, qu'hypocrisie 1.

Enfin le troisième point du sermon sur la Trinité, qui fait allusion de nouveau à l’union des protestants entre eux, ne cite guère le fait sans graves restrictions qui ne permettent pas d'attribuer ce passage à l’époque de Montpellier. Par le sujet d’ailleurs, le sermon apparlient à une autre saison que le temps du séjour de Bourdaloue dans le Languedoc :

Comme la difference de religion a toûjours esté, pour ainsi dire, le glaive de division parmi les hommes...; aussi de tout temps a-t-on considéré l'unité de religion comme le plus sacré nœud de l'amitié. Il n’est pas jusques à nos héretiques qui ne le pensent de la sorte. Dés là qu'ils font secte & qu'ils composent une Eglise prétendüe (le mot

: y est donc, quoi qu'en ait dit Weiss) ils commencent à s'entr’aider, Vous en estes temoins, mes chers Auditeurs, & vous sçavez comment ils sont unis ensemble, comment ils prennent les intérêts les uns des autres, comment ils se prestent secours dans leurs besoins, comment

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