PRÉFACE
L'étude qu'on va lire, déjà trop étendue peutêtre, ne comporte pas de longs préambules. L'objet en est assez clair ; l'intérêt devrait en être assez sensible, si l'auteur n'était pas resté trop au-dessous de sa matière.
Quant au plan que j'ai cru devoir adopter, il se justifiera, je l'espère, de lui-même. La biographie de Bourdaloue nous offre trop peu de chose pour qu'on puisse faire rentrer l'examen de ses œuvres dans l'histoire de sa vie. Je ne consacre donc à la biographie que quelques pages d'Introduction, où je m'applique moins à suivre le cours de cette existence parfaitement simple et régulière, qu'à recueillir tout ce que nous savons du caractère de l'homme, tout ce qui nous permet d'entrevoir l'action qu'il a exercée sur les âmes, et pour ainsi dire le discret, mais efficace concours que les vertus du religieux prêtaient à
VllI PRÉFACE
Téloquence et aux exhortations du prédicateur. Cette introduction se complète par quelques indications relatives au texte, aux dates, aux éditions diverses des sermons de Bourdaloue, et aux appréciations critiques dont ils ont été Tobjet.
Puis, abordant Tétude de la prédication de Bourdaloue, prédication qui fut à vrai dire sa vie même, j'essaie d'abord de déterminer les procédés et les caractères de son éloquence. Je cherche ensuite de quelle manière et dans quel esprit il enseigne la doctrine chrétienne. J'insiste enfin sur les peintures morales dont il éclaîrcit et fortifie son enseignement.
Cette étude se trouve ainsi divisée en trois parties, comme un sermon de Bourdaloue en trois points : analogie que je n'ai pas cherchée, mais que je n'avais aucune raison de fuir.
Chaque partie se trouve à son tour divisée en deux chapitres. Car, d'abord, dans l'éloquence , il convient de considérer, d'une part, le fond, c'est-àdire rinvention des idées, les procédés de la composition, la méthode; de l'autre, la forme, c'est-à-dire le ton, le style, l'action. En second lieu, l'enseignement du prédicateur chrétien porte tour à tour sur ce qu'on doit croire et sur ce qu'on doit faire. Enfin la peinture morale représente tantôt le cœur humain en général, tantôt les mœurs particulières du temps. Mais dans la deuxième et dans la troisième partie, le second chapitre est beaucoup plus étendu que le