Pensées. De la prière, t. XIV, p
Sur cela, mes chers auditeurs, que puis-je faire autres chose que de reprendre ranathème lancé par Jésus-Christ, et de rendre après lui : Vœ vobis ! Malheur à vous ! Non plus seulement à vous, scribes et pharisiens, mais à vous, chrétiens, indignes du nom que vous portez et de la religion que vous professez;... à vous qui, faisant état d'être à Dieu, et de vous avancer dans k service de Dieu, voulez porter votre vol aux plus hauts degrés de la sainteté, tandis que vous en négligez les fondements *. »
Et quels sont ces fondements de la vraie sainteté? Le Sauveur même nous Ta dit : Serva mandata. Aussi, quand Bourdaloue, dans les Pensées, veut donner la « règle fondamentale et essentielle delà vraie dévotion, » guenons dit-il? « Faire de son devoir son mérite par rapporta Dieu, son plaisir par rapport à soi-même, et son honneur par rapport au monde : voilà en quoi consiste la vraie verta (Je rhomme et la solide dévotion du chrétien*. » Et, continue Bourdaloue avec une haute sagesse,
. « Comme il y a autant de différence entre les fonctions et les emplois qu'il y en a entre les rangs et les professions, il s'ensuit que les devoirs ne sont pas partout les mêmes, et que, n'étant pas les mêmes partout, il y a une égale diversité dans la dévotion : tellement que la dévotion d'un roi n'est pas la dévotion d'un sujet, ni la dévotion d'un séculier la dévotion d*an religieux, ni la dévotion d'un laïque la dévotion d*un ecclésiastique, et ainsi des autres... Règle excellente! juger de sa dévotion par son devoir, mesurer sa dévotion sur son devoir, établir sa dévotion dans son devoir. Règle sûre, règle générale et de toutes les conditions... Avant que d'être dévot, je veux que vous soyez chrétieu. Du christianisme à la dévotion, c'est l'ordre naturel ; mais le renversement et l'ahus le plus monstrueux, c'est la dévotion sans le christianisme '. »
Même quand il parle à des religieux, Bourdaloue s'inspire du même esprit. Ce qu'il leur demande dans la Re^