Ibid., p
gation étroite et rigoureuse » que nous impose la loi de Dieu, « et cette loi est si sévère, qu'il n'y va pas moins que de notre salut éternel ; » nous ne pouvons y manquer sans (( péché mortel *. » Car « puisque vos biens sont à Dieu par droit de souveraineté, vous lui en devez le tribut, l'hommage, la reconnaissance ; et puisqu'il en a la propriété même, et qu'elle lui appartient, il en doit avoir les fruits. Que fait Dieu, chrétiens? il affecte ce tribut et ces fruits à la subsistance des pauvres ; c'est-à-dire qu'au lieu d'exigercetributparlui-mêmeetpour lui-même, cequi ne convient pas à sa grandeur, il l'exige par les mains des pauvres ; ou plutôt il substitue les pauvres pour l'exiger en son nom^. » Ce n'est point encore une fois qu'il soit permis au pauvre d'élever aucune prétention, ni de limiter en quoi que ce soit la fortune du riche. Bourdaloue s'en tient à ces deux principes de saint Ambroise, que « c'est incontestablement un crime digne de la haine de Dieu et de ses vengeances éternelles, que d'enlever au riche ce| qu'il possède; » mais que « ce n'est pas une moindre injustice devant Dieu de refuser au pauvre ce qu'il attend de vous et ce que vous pouvez lui procurer'. » L'aumône « par rapport au pauvre est un devoir de charité et de miséricorde ; n mais « par rapport à Dieu, » c'est « un devoir de justice,» car c'est ainsi que le riche « paye à Dieu, et comme vassal et comme sujet, les droits dont il lui est redevable*. »
« Car Dieu, je le répète, a établi les pauvres dans le monde pour recueillir ses droits en sa place ; et l'aumône est le seul moyen par où les riches puissent rendre à Dieu ce qu*lls lui doivent. C'est pourquoi sahit Pierre Chrysologue, parlant des pauvres, leur donne une qualité bien glorieuse et une commission bien honorable, lorsqu'il les appelle les receveurs du domaine de Dieu, et qu'il nous fait considérer la main du pauvre