‹ Bourdaloue, sa prédication et son tempsChapitre 249 sur 341 · Saint-Simon, t. II, ch. m · texte numérisé non relu

Saint-Simon, t. II, ch. m

2. Second Avent. 4e dimanche, sur la Pénitence^ 1" partie, t. I,

roccasion, dirigea contre lui, dans son sermon sur ks Divertissements du monde, une attaque en règle. Il y cite comme exemples : « une femme qui, dans un jeu, dont les plus fortes remontrances ne Font pu déprendre, disdpe d'une part tout ce qu'un mari amasse de l'autre, qui se tient en embuscade pour le tromper, et détourne pourson jeu tout ce qui peut venir sous sa main ;... un mari qui, tour à tour passant du jeu à la débauche et de la débauche au jeu, expose jusqu'à ses fonds, et fait dépendre d'an seul coup la fortune de toute sa famille;... un jeune homme qui, sans ménagement et sans réflexion, emprunte de tons les côtés et à toutes les conditions, et, ne pouvant encore se dépouiller d'un héritage qu'il n'a pas, se dépouille an moins par avance de ses droits, et ne compte pour rien toute une succession qu'il perd, pourvu qu'il joue*. »

« Parce qu'on ne peut accorder ensemble le jeu et Tentretieii d'une maison, on abandonne la maison, et l'on ménage tout pour le jeu ; on voit tranquillement et de sang-froid des eor fants manquer des choses les plus nécessaires; on plaint jusqu'aux moindres frais, dès qu'il s'agit de subvenir à leurs besoins; un les éloigne de ses yeux et on les confie à des étrangers, à qui l'on en donne la charge sans y ajouter les moyens de la soutenir; on ne les a pas actuellement, ces moyens, à ce qu'on prétend, mais pourtant on a de quoi jouer... Tout cela veut dire qu'on sacrifie à son jeu les droits les plus inviolables et les intérêts les plus sacrés ; que l'on fait du jeu sa première loi ; que pour ne pas se détacher du jeu on se détache de toute autre chose ; et que dans la concurrence de toute autre chose avec le jeu, quelque essentielle qu'elle soit par elle-même, on retient le jeu et l'on renonce à tout le reste*. »

Des faits et des chiffres, capables de confondre Timagination, nous font comprendre pourquoi Bourdaloue « s'expliquait » avec tant de détail sur une passion qu'il ne pou-

1. Dominicales. S» dim. ap. PAques, sur les Divertissement* du monde^ 2« partie, t. V, p. 334-335.

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