Sur r Impureté y !'• partie, p
446 LA PEINTURE MOHALE
Bussy-Rabutin, la Revue du pays de la Braquerte^. Ninon recevait comme une grande dame, et son salOn, où elle faisait, selon madame de Sévigné, une propagande d'impiété si dangereuse^, était recherché des honnêtes gens. Cette excessive facilité dans les relations, pleine de périls pour l'âme chrétienne, a été fortement réprouvée par Bourdaloue dans son sévère discours sur la Société da mstes avec les pécheurs,
« N'est-ce pas un scandale, disait le prédicateur aux chré* tiens qui l'entendaient, de vous voir tous les jours dans les sociétés d'une ville ou d'un quartier les plus suspectes ; de voiu voir dans des assemblées d'où toute pudeur semble bannie, où se tiennent les discours les plus libres, où se débitent les maximes les plus pernicieuses, où souvent nulles règles de bienséance et de modestie ne sont observées; de vons voir avec des esprits sans religion, avec des femmes sans réputatioDi dans des lieux où règne la licence et où se répand la pins mortelle contagion? Qu'en peut-on penser? qu'en peut-on dire ? et même qu'en a-t-on déjà pensé? qu'en a-t-on dit 8? »
Et quand Bourdaloue disait encore : u Vous connaissez certaines femmes dont la société fait plus de libertins que les plus contagieuses leçons de ceux qui autrefois ont tenu école de libertinage ^ : » n'était-ce point une allusion directe à Ninon ?
Le dérèglement, qui était dans les mœurs d'un grand nombre et dans les goûts de presque tous, se traduisait au théâtre par l'immoralité des pièces les plus applaudies. Bourdaloue ne pouvait point ne pas dire un mot du théfttre dans son sermon sur r Impureté.
« Le comble du désordre, c'est que les devoirs, je dis les devoirs les plus généraux et les plus inviolables chez les païens
i. V. rintroduction biographique de P. Mesnard, en tète des Lettres de madame de Sévigné^ édition Régnier.