‹ Bourdaloue, sa prédication et son tempsChapitre 56 sur 341 · Carême, !•' jeudi, sur la Communion^ t. Il, p · texte numérisé non relu

Carême, !•' jeudi, sur la Communion^ t. Il, p

2. Mystères. — Sur la Conception de la Vierge, 1" partie, t. XI,

Une pareille subdivision semble une gageure. Hâtons* nous de dire que c'est la seule de cette force qu'on trouve chez Bourdaloue, et qu'en ne citant que celle-là, on s'est donné la partie trop belle contre lui. Contentons-nous de la noter comme le résultat extrême d'une méthode appliquée sans merci et poussée à toute outrance.

Si l'on regarde au fond des choses, le procédé que nous analysons n'est autre que la science même <du développement, mise à nu, et pratiquée pour ainsi dire avec une précision mécanique. Qu'est-ce en effet que développer, sinon décomposer une idée généWe, la déplier en quelque sorte, 'comme le mot même l'indique, et la mettre en lumière à l'aide des idées particulières qu'elle implique et contient? Tous ceux qui parlent ou écrivent ne font guère autre chose. Mais ilsn'y apportent pas cette rigueur, ce parti pris. Leur démarche est moins assurée peut-être et moins régulière, mais aussi plus libre et plus souple. L'anatomie du discours ne va pas jusqu'à démêler les moindres linéaments : surtout elle n'est pas aussi réfléchie, aussi calculée, ni par suite aussi apparente, a Bourdaloue, dit M. Sainte-Beuve, est le prédicateur qu'il faut être quand on veut prêcher pendant trente-quatre ans. » Rien de p juste ; mais en reconnaissant l'efficacité féconde de la méthode, et les étonnantes ressources que l'orateur en a tirées, sachons en voir les abus. Ces subdivisions multipliées sans fin, toujours annoncées, marquées à l'avance, ressemblent à une recette. On voit trop le procédé. Autant il est nécessaire, nous avons essayé de l'établir contre Fénelon, qu'une division générale règle la marche du sermon tout entier, ' autant il est monotone de s'arrêter sans cesse entre deux courtes étapes pour s'entendre dire : Faites attention I nous sommes arrivés jusqu'ici et nous allons avancer jusque-là. Que l'édifice ait un plan, une ordonnance satisfaisante pour les yeux; mais que l'architecte ne nous laisse pas voir toutes les pièces de la charpente. Une belle statue a ses proportions exactes; mais des contours arrondis lui don- ^

nent la souplesse et la grâce : les sermons de Bourdaloue

essembleraient plutôt à ces statues anatomiques où les os e dessinent, et où tous les muscles sont en saillie.

Ces exagérations, que nous ne prétendons pas justifier, .6 nous dispensent pas d'admirer les rares qualités d'esrit et surtout la puissance d'attention que supposent de emblables habitudes oratoires. C'est l'attejition qui arrête u passage chaque proposition, qui en distingue, en ompte et en ordonne les parties, qui mesure jusqu'à i valeur propre des mots, qui enfin, selon l'heureuse «pression de Tocqueville, « vide l'idée de tout ce qu'elle dntient *. » Méthode uniforme et constante soutenue par ne attention infatigable, voilà le secret de la fécondité de ourdaloue.

Diviser et distinguer sont des habitudes de dialecticien, 'est qu'en effet la dialectique remplit les discours de ourdaloue, est le fond de son éloquence. Il ne parle

Qais que pour prouver. Tout développement, chez lui, lëme quand il s'arrête à peindre les désordres du monde,

\ partie intégrante d'une démonstration. S'il est vrai que mi discours bien fait se peut ramener à un syllogisme,

îais cette réduction ne fut plus facile que dans les ser-

ns de Bourdaloue.

Voici ce que le christianisme vous oblige à croire ou à

Or, voilà tout au contraire ce que vous croyez ou ce

vous faites dans le monde;

>nc vous n'êtes pas dans la voie chrétienne et il faut

rentrer.

Tel est, réduit à son expression la plus simple et la plus

raie, le raisonnement qui commande en quelque sorte

Lie tous les sermons, et qui s'y trouve, non pas à l'état

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