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exemple. N'hésitons pas en effet à faire remonter jusqu'aux Pères de l'Église grecque, et surtout de l'Église latine, ïorigine de ces procédés dangereux que le moyen âge a poussés jusqu'aux exagérations les plus bizarres, et que l'éloquence sacrée du grand siècle n'a pu tout à fait répudier. Certes ces premiers Docteurs d'une foi nouvelle et révélée, dont plusieurs comptent parmi les plus beaux génies qui aient honoré l'humanité, ont éclairé d'une bien vive lumière le texte des deux Testaments, résolu bien des problèmes, dissipé bien des nuages. Mais en même temps, enivrés comme ils l'étaient de la lecture des saints livres, toujours préoccupés de les mieux comprendre et de les approfondir davantage, frappés d'ailleurs jusqu'à l'évidence du sens figuratif de certains passages, ils se plaisaient à chercher toujours, sous les significations apparentes, des sens mystérieux; sous la lettre, un esprit caché. Ajoutons qu'avec tout leur génie, ils ne vivaient pas dans les siècles du goût : or, c'est le goût qui marque l'invisible limite où l'interprétation cesse d'être naturelle et vraisemblable : c'est lui qui règle et tempère les plus ingénieux et ne leur permet pas de confondre la pénétration avec le raffinement, ni la profondeur avec la subtilité. Le goût est une faculté plus haute qu'il ne semble, parce qu'il n'est autre chose que le sentiment délicat de la vérité. Les premiers interprètes raffinèrent donc sur les textes : les théologiens postérieurs et les scolastiques raffinèrent encore sur les premières interprétations. Il n'est pas exact de dire que le moyen âge fut une longue immobilité. L'esprit humain ne saurait rester absolument immobile, et il fut au contraire très-actif au moyen âge • sans doute, pendant ces longs siècles d'ignorance relative, encore que bien des germes cachés mûrissent en secret pour l'avenir, l'esprit humain n'inventa rien, n'avança pas. Mais il s'agita sans cesse dans le cercle de ses connaissances bornées : il y fit mille tours, mille exercices bizarres, subtilisa toutes choses, distingua, analysa, travailla constamment Les mêmes idées, sans en découvrir aucune. Les commentateurs des deux