‹ Bourdaloue, sa prédication et son tempsChapitre 79 sur 341 · Voy. rintroductioii, § I. Biographie · texte numérisé non relu

Voy. rintroductioii, § I. Biographie

je le sois ou non ; mais après tout, c'est le témoignage le plus glorieu}^ que je paisse vous rendre; car dire que je suis content de vous, c'est dire que vous êtes mon Dieu, puisqu'il n'y a qu'un Dieu qui me puisse contenter ^ »

Et ces belles paroles sur la confiance avec laquelle il faut parler à Jésus-Christ, ne les croirait-on pas tombées des lèvres de Fénelon?

« Ce n'est point par une abondance de paroles que Ton s'énonce ; souvent la bouche ne dit rien, mais l'âme sent : et qu'est-ce que ce sentiment? qu'il e^t touchant, qu'il est consolant, qu'il est efficace et puissant ! A l'exemple de ce disciple favori qui reposa sur le cœur de Jésus-Christ, on s'endort tranquillement entre ses bras et dans son sein. Quel mystérieux sommeil ! quel repos ^ ! »

Lisez enfin l'éloquente prière qui ouvre cet essai d'Octave du Saint-Sacrement d'où nous avons tiré cette dernière citation, lisez tout entier le beau panégyrique de saint François Xavier ^, oîi, pour célébrer une des gloires de son ordre, Bourdalouc semble avoir pris à cœur de se surpasser lui-même; et dites si Bourdaloue n'avait pas quelquefois cette onction, cette tendresse sympathique, dont Bossuet aussi, malgré sa sublimité, nous offrirait plus d'un exemple, que Massillon, quoi qu'on en dise, n*eut jamais au même degré, et dont Fénelon reste le plus aimable et le plus touchant modèle.

Si le sévère Bourdaloue sait ainsi s'attendrir, est-il besoin d'ajouter qu'il ne laisse pas s'éteindre les foudres de la sainte parole, et qu'il sait aussi imprimer dans les cœurs les terreurs salutaires du christianisme? Ecoutons-le parler encore aux riches, non plus pour implorer leur compassion, mais pour effrayer leur endurcissement.

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