PART DE LA MORALE DANS LE PANÉGYRIQUE
toire : et moi, pour Tintérêt de mon ministère, je me suis senti inspiré de m'y arrêter *. » Admirons donc dans Bossuet le génie large et supérieur, le panégyriste incompa* rable dont on a dit, dans un langage digne de lui-même : « Nul écrivain chrétien n'a fait à Dieu de plus grands holocaustes de la gloire humaine, et nul ne l'a fait plus aimer par la magnificence des images qu'il en a laissées ^. » Mais admirons aussi dans Bourdaloue le prédicateur scrupuleux et sévère, toujours préoccupé d'instruire et d'édifier, et qui ne permet pas à l'éloge de la gloire humaine, nlême la plus légitime et la plus éclatante, de jamais prendre le pas sur la leçon morale, qui doit seule tomber des lèvres d'un ministre de Jésus-Christ.
<f Le récit, a dit un critique, est la partie faible dans les Panégyriques du P. Bourdaloue ^. » C'est que Bourdaloue ne se préoccupe point exclusivement,, ni même principalement, de raconter la gloire des saints. Il ne se met pas face à face avec ces figures toujours belles et grandes, mais si diverses, pour sentir la beauté propre de chacune d'elles, en comprendre la physionomie, et la reproduire avec fidélité. Toujours ses auditeurs viennent se placer entre le saint et lui, pour détourner au profit de leur instruction la meilleure part de son attention et de ses efforts. Louer les morts vénérables que l'Église a canonisés, c'est un devoir que Bourdaloue n'accomplit que pour s'acquitter d'un plus grand, qui est de convertir les vivants et de travailler à leur salut. Il ne se contente même pas des vagues sentiments d'édification que provoque ou qu'entretient dans les âmes le seul spectacle de ces vies pures et glorieuses : les saints sont sans doute les héros du christianisme, mais plus encore les modèles du peuple chrétien ; Bourdaldue distingue dans ces modèles quelques exemples particuliers, trop peu suivis dans le monde, qui conviep--